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Pétrole

Pétrole : Les relais de l’offshore profond

Si peu de découvertes significatives sont à signaler à terre, les découvertes en offshore offrent de nouvelles perspectives au secteur pétrolier.

Par Marie-France Réveillard et Anne-Marie Jobin

Selon le dernier rapport de la BAD couvrant la période 2011-2015, les hydrocarbures représentent « près de 50 % du PIB, 60 % des recettes fiscales et 80 % des exportations » du Gabon qui occupe en 2018, le 4e rang des producteurs de pétrole en Afrique subsaharienne.

Le pays dispose de sa propre société, Gabon Oil Company, (GOC) et d’une seule raffinerie, la Sogara, située à Port-Gentil, considérée comme obsolète et surtout non-rentable. L’État a lancé un projet de construction d’une seconde raffinerie au Cap Lopez, mais qui tarde à voir le jour.

Toutefois, malgré l’enthousiasme suscité par cette découverte, les principales caractéristiques du puits se sont révélées stériles, en dépit de la présence de nombreuses traces d’huile. En dépit du départ du géant espagnol, l’État peut se réjouir de récupérer les résultats de ces recherches qui seront prochainement remis au ministère des Mines.

L’Asie reste le principal importateur de pétrole gabonais (76 % des exportations), viennent ensuite l’Europe, l’Amérique latine et les Caraïbes. L’hyper-dépendance enregistrée par le Gabon a connu trois périodes-clés. La décennie 1970 fut celle du succès qui permit à l’État de voir ses recettes s’envoler et de s’engager dans de vastes travaux d’infrastructures.

Entre 1985 et 1987, l’effondrement des prix du pétrole associé à la baisse des taux de change du dollar américain a fait chuter les recettes budgétaires de l’État de 58 %. La stratégie du « tout pétrole » se poursuit néanmoins. Il faut attendre la crise de 2015 pour que le Gabon ne s’engage dans la diversification de son économie, qui semble en 2018, bien engagée.

En dépit d’une hausse des prix du pétrole (+24,2 % en 2017), le pays enregistre des résultats à la baisse avec une production de 10 503 millions de tonnes contre 11 485 millions l’année précédente (-8,5 %). La Direction générale de l’économie explique cette situation par un déclin des champs matures, mais aussi par des difficultés liées aux mouvements de grève du personnel. Les exportations ont subi une chute de 10,3 % en un an.

L’exploration offshore attire

En novembre 2017, le Gabon accuse le départ de Shell Gabon – longtemps resté leader au niveau national – sur ses activités onshores, suite au rachat des actifs du groupe par Assala Energy Holdings pour un montant de 540 millions d’euros. Dans le cadre de cette opération de rachat, Assala Energy doit recourir à un prêt de 285 millions de dollars, le reste étant pris en charge par Carlyle International Energy Partners (CIEP) et Carlyle Sub-Saharan Africa Fund (CSSAF).

Il s’agit d’un investissement encore jamais atteint par le groupe Carlyle en Afrique. Shell, le géant pétrolier, était présent depuis 55 ans au Gabon avec une production qui atteignait jusqu’à 60 000 barils par jour, dans ses plus belles années… Néanmoins, l’opérateur conserve deux permis d’exploration offshore au Gabon.

Suite aux découvertes récentes de gisements pétroliers aux larges des côtes gabonaises, les opérateurs se concentrent aujourd’hui sur l’offshore profond.

Le 5 mars 2018, la société malaisienne Petronas annonce la découverte de pétrole et de gaz dans le puits d’exploration Boudji-1 – bloc F14 (Likuale), via sa filiale, PC Gabon Upstream S.A. Le potentiel intégral de ce puits, situé dans le bloc Luna Muetse (E13) à une profondeur de 2 700 mètres, est actuellement en phase d’évaluation, selon un communiqué daté du 18 avril. Cette découverte dépasserait le potentiel du champ Rabi Kunga, le plus important du pays et pourrait renforcer l’attractivité du secteur.

Parmi les acteurs engagés dans l’exploration au large des côtes gabonaise, l’opérateur franco-britannique Perenco, exploite déjà six champs pétroliers offshores au Gabon et se classe comme le premier producteur pétrolier du pays avec 100 000 barils/jour.

Repsol, le cas d’école

Parallèlement, la filiale de la compagnie norvégienne BW Offshore a récemment annoncé le démarrage de sa première production offshore sur les réserves du projet Dussafu, courant 2018 et Total Gabon vient de s’associer à l’opérateur de Vantage Drilling International, en avril, sur une durée de neuf mois pour développer ses activités de forage au large des côtes.

Des signes encourageants sur lesquels l’État entend s’appuyer pour accélérer son processus de diversification économique. La part du pétrole est déjà passée de 53 % en 2013 à 27 % du PIB aujourd’hui. L’enthousiasme des réserves offshore est à mesurer. En effet, selon une exclusivité d’Économe Gabon+, Repsol, devrait bientôt quitter le pays, suite aux récentes explorations offshore lancées en mars 2017, qui se sont soldées par un semi-échec. Le groupe espagnol, installé au Gabon depuis six ans, a investi 160 millions $ dans le cadre de ces explorations offshore.

Repsol a foré le puits du permis Ivela-1, au large des côtes gabonaises, à – 2 665 mètres, pour atteindre 5 487 mètres de profondeur, à bord du West Capella, un navire de forage bien connu pour ses performances d’exploration en milieu marin. Le puits d’Ivela-1 présente une colonne de pétrole brut dans une formation géologique à prédominance argileuse.

Toutefois, malgré l’enthousiasme suscité par cette découverte, les principales caractéristiques du puits se sont révélées stériles, en dépit de la présence de nombreuses traces d’huile. En dépit du départ du géant espagnol, l’État peut se réjouir de récupérer les résultats de ces recherches qui seront prochainement remis au ministère des Mines.

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