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Pétrole

Le pétrole libyen attire à nouveau

Le Sommet de l’Économie et de l’énergie a permis à divers acteurs du monde pétrolier d’annoncer leur retour en Libye. Le pays fait également valoir son potentiel dans les énergies renouvelables. Un producteur comme un autre ?

Par Aude Darc

Tout en revenant dans le jeu démocratique, par l’organisation d’une élection présidentielle, la Libye revient dans le concert des pays producteur de pétrole. Tripoli a accueilli, les 22 et 23 novembre 2021, un Sommet de l’Économie et de l’énergie, théâtre du retour de plusieurs compagnies étrangères, et non des moindres, dans l’exploration et la production. L’événement a été aussi l’occasion pour le pays de faire valoir son potentiel dans les énergies renouvelables.

Compte tenu de la nécessité de réduire la production de charbon dans le monde, de mieux gérer les forêts et de réduire les émissions de carbone, la Libye présente un fort potentiel dans la transition énergétique, en exploitant sa vaste superficie, les ressources disponibles, et de son espace pour les énergies renouvelables.

Considérée comme l’un des principaux producteurs de pétrole au monde jusqu’en 2011, la Libye a cessé quasiment ses exportations en hydrocarbures, en raison de la situation sécuritaire. La situation s’est détendue à l’arrivée du gouvernement d’union nationale, dirigée par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah.

Lourdement affectée depuis 2011, la production a peu à peu rebondi, pour atteindre en moyenne 1,2 million de barils par jour, un niveau toujours en deçà du 1,5 à 1,6 million de barils par jour d’avant la guerre.

Parmi les sociétés pétrolières étrangères de retour en Libye, figure l’algérienne Sontarach. Laquelle « participe à ce sommet avec une délégation composée de cadres supérieurs du groupe et des PDG de ses filiales spécialisées dans les services pétroliers », précise un communiqué de la société publiée sur sa page Facebook.

Pour la société algérienne, le Sommet constitue « l’occasion d’examiner les moyens de coopération avec la partie libyenne à travers la participation des filiales aux opérations de mise à niveau et de maintenance des installations pétrolières et gazières et la reprise très prochaine par le groupe de ses activités d’exploration et de production ». Sonatach, dont l’activité ralentit sur ses principaux marchés, avait quitté le pays en 2014.

TotalEnergies investit dans le pétrole et le solaire

Mohamed Oun

Début novembre 2021, on apprenait que la Libye entamait la construction d’une raffinerie de pétrole dans le sud du pays. L’ouvrage, d’un coût compris entre 500 et 600 millions de dollars, devrait entrer en service en 2024. Le chef du gouvernement en attend des bénéfices annuels de 75 millions $.

Les autorités ont également annoncé un projet plus modeste d’usine de production de bouteilles de gaz, dans la même région.

De son côté, TotalEnergie va s’associer à ConocoPhillips pour racheter les parts de l’américain Hess dans le champ pétrolifère Waha. Les deux partenaires détiennent déjà 16,3% chacun des parts de ce projet, et rachètent ensemble 8,2%.

Parallèlement, le groupe français investira dans la reconstruction du champ pétrolier de Mabrouk, partiellement détruit en 2014. L’ex groupe Total investira également dans l’augmentation des capacités de production solaire, afin de renforcer le réseau électrique libyen.

Justement, en tant que l’un des principaux pays producteurs de pétrole et de gaz au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la Libye est fortement tributaire de la production de combustibles fossiles. Pour autant, du fait de ses abondantes ressources naturelles, notamment solaires, le dispose d’un potentiel important pour diversifier son mix énergétique tout en adhérant aux engagements mondiaux en faveur d’une transition énergétique globale.

Michael Curran spécialiste du carbone pour le compte du négociant néerlandais Vitol, note trois principaux points à retenir de la COP26 de Glasgow, dans le contexte libyen.

Compte tenu de la nécessité de réduire la production de charbon dans le monde, de mieux gérer les forêts et de réduire les émissions de carbone, le courtier pointe le potentiel de la Libye à contribuer à la transition énergétique, en exploitant sa vaste superficie, ses ressources disponibles, et de son espace pour les énergies renouvelables.

« L’opportunité » des ODD

Ainsi, le crédit carbone – un permis représentant le droit d’émettre des gaz à effet de serre –, représente « une opportunité clé » pour les pays riches en pétrole de tirer parti des Objectifs de développement durable.

« Un élément clé de ce que nous avons vu récemment est que le secteur privé n’attend pas que les gouvernements et les régulateurs prennent les décisions en termes d’allocation de capital, de répartition des risques et d’allocation des investissements », a expliqué le courtier lors du Sommet de Tripoli.

« Tandis que l’accès à ces décisions risque d’être restreint à l’avenir, émerge une nouvelle classe d’actifs à venir dont l’Afrique pourra bénéficier, qui représentent une opportunité de créer des crédits carbone dans le pays, puis de les exporter. »

En revenant sur les marchés internationaux, la Libye peut faire entendre sa voix dans la marche vers les ODD ; « la transition énergétique offre le potentiel pour la Libye de redonner vie à sa terre tout en favorisant la croissance sociale et économique ».

En clôture du Sommet de Tripoli, Mohamed Oun, ministre du Pétrole et du gaz, s’est félicité des rapprochements entre les différents professionnels et des accords conclus, notamment celui avec TotalEnergies dans l’énergie verte. « Nous espérons que la Libye pourra organiser de nombreux autres sommets comme celui-ci, et nous espérons certainement vous revoir tous », a conclu le ministre, à l’adresse des professionnels présents.

@AD

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