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Opinion

Un objectif financier annuel de 4 000 milliards de dollars pour les ODD

Un objectif financier annuel de 4 000 milliards de dollars pour les ODD
  • Publiémai 14, 2024

Il existe cinq domaines essentiels pour lesquels une action immédiate et un financement innovant sont cruciaux : Le changement climatique, la sécurité alimentaire, l’accès à l’énergie, la sécurité sanitaire et la mobilisation de ressources supplémentaires pour les ODD.

 

Dans un contexte marqué par l’instabilité économique et l’escalade des défis environnementaux, le déficit annuel actuel de 4 000 milliards de dollars, contre 2 500 milliards de dollars en 2015, a été alimenté par les récentes pressions économiques mondiales et les effets persistants de la pandémie du virus Covid-19. Les banques multilatérales de développement répondent à ces besoins par une collaboration accrue et des solutions financières innovantes.

Le programme stratégique « High 5 » de la Banque est une pierre angulaire du développement, comme le souligne une analyse indépendante du Programme des Nations unies pour le développement. Les High 5 (à savoir : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des populations africaines) ne sont pas seulement des objectifs ambitieux mais un plan stratégique pour le continent. La réalisation de ces High 5 permettrait d’atteindre près de 90 % des objectifs de développement durable pour l’Afrique.

Pour tous ces objectifs, des financements innovants sont nécessaires. Des mesures novatrices ont été prises, comme l’émission de 750 millions $ de capital hybride historique. Cet instrument financier est destiné à servir de fonds propres, renforçant ainsi la capacité de prêt de la BAD.

Il existe cinq domaines essentiels pour lesquels une action immédiate et un financement innovant sont cruciaux : Le changement climatique, la sécurité alimentaire, l’accès à l’énergie, la sécurité sanitaire et la mobilisation de ressources supplémentaires pour les ODD.

Le changement climatique est le principal obstacle à la réalisation des ODD. Il dévaste les économies par des sécheresses, des inondations et des cyclones. L’Afrique est la région la plus touchée au monde, mais c’est elle qui reçoit le moins en matière de financement pour le climat. L’Afrique aura besoin de 277 milliards $ par an pour faire face au changement climatique, mais elle ne reçoit que 30 milliards $ par an. La Banque africaine de développement s’est fixé pour objectif de mobiliser 25 milliards $ pour l’adaptation au climat d’ici à 2025.

L’Afrique est la région du monde la plus touchée par le changement climatique, mais c’est elle qui reçoit le moins en termes de financement pour le climat.

 

Atteindre l’autosuffisance alimentaire

En matière de sécurité alimentaire : La volatilité des prix des denrées alimentaires est exacerbée par les conflits géopolitiques, les ruptures d’approvisionnement et les pratiques commerciales restrictives de certains grands exportateurs de denrées alimentaires. La Banque africaine de développement s’est engagée à verser 25 milliards $ pour aider l’Afrique à devenir autosuffisante sur le plan alimentaire d’ici à 2030. La transformation de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire en Afrique a été couronnée de succès. Le programme TAAT (Technologies for African Agricultural Transformation) a déjà permis à 13 millions d’agriculteurs d’obtenir des variétés de blé, de maïs et de riz résistantes au climat. L’Éthiopie, grâce à l’introduction de variétés de blé tolérantes à la chaleur fournies par le programme TAAT, a atteint l’autosuffisance en matière de production de blé en l’espace de quatre ans et est devenue un exportateur net de blé.

De son côté, la Banque islamique de développement s’est engagée à verser 7 milliards $ lors du sommet « Nourrir l’Afrique » organisé au début de l’année dernière par la Banque africaine de développement, l’Union africaine et le gouvernement sénégalais. Ce sommet a rassemblé 34 chefs d’État et de gouvernement qui ont élaboré des pactes nationaux pour l’alimentation et l’agriculture afin de parvenir à la sécurité alimentaire d’ici à 2030.

En matière d’accès à l’énergie, nous savons que plus de 675 millions de personnes dans le monde sont privées d’électricité, dont 80 % en Afrique subsaharienne. L’initiative « Desert-to-Power » de la BAD développe 10 000 mégawatts d’énergie solaire à travers le Sahel et permettra à 250 millions de personnes d’avoir accès à l’électricité.

 

Des investissements insuffisants

En matière de sécurité sanitaire, face à l’insuffisance des services de santé en Afrique, la Banque a augmenté ses investissements dans les infrastructures de santé et les capacités pharmaceutiques locales afin de se préparer à de futures pandémies. L’investissement annuel actuel de 4,5 milliards $ dans les infrastructures de santé est nettement insuffisant par rapport aux besoins réels de 25 milliards de dollars. La BAD s’est engagée à consacrer 3 milliards $ à des infrastructures de santé de qualité et 3 milliards $ supplémentaires au développement de l’industrie pharmaceutique en Afrique.

Cela comprend un investissement substantiel pour faciliter la production de médicaments et de vaccins directement sur le continent, soutenu par la création de la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique, qui vise à élargir l’accès aux technologies vitales et aux droits de propriété intellectuelle.

L’investissement annuel actuel de 4,5 milliards dans les infrastructures de santé est nettement insuffisant par rapport aux besoins réels de 25 milliards.

Pour tous ces objectifs, des financements innovants sont nécessaires. Des mesures novatrices ont été prises, comme l’émission de 750 millions $ de capital hybride historique. Cet instrument financier, une première pour les banques multilatérales de développement, est destiné à servir de fonds propres, renforçant ainsi la capacité de prêt de la BAD.

Dans le cadre d’une initiative conjointe avec la Banque interaméricaine de développement, la Banque africaine de développement est la première à utiliser des droits de tirage spéciaux (DTS) comme capital hybride, sous réserve de l’approbation du conseil d’administration du FMI.

Cette initiative pourrait potentiellement quadrupler la capacité d’effet de levier de la BAD, amplifiant de manière significative les ressources financières disponibles pour les ODD. En outre, le secteur privé est en train d’augmenter ses investissements dans les ODD, passant de milliards à des milliers de milliards.

 

Akinwumi Adesina, Président de la Banque africaine de développement

@ABanker

Écrit par
Akinwumi Adesina

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