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Opinion

Repenser la mondialisation comme un processus dynamique

Repenser la mondialisation comme un processus dynamique
  • Publiéjuillet 4, 2024

À une époque caractérisée par des défis mondiaux sans précédent, la résilience et la capacité d’adaptation de notre secteur privé restent plus que jamais essentielles.

 

Je me rappelle une interaction, un soir, avec Adhiambo, une négociante qui vend des tissus personnalisés en ligne dans le monde entier. Malgré plusieurs échecs, elle croit en son rêve d’accéder au marché mondial en utilisant les canaux numériques. Il n’est pas surprenant que son optimisme soit partagé par l’ensemble du secteur privé kenyan. Selon le rapport Resetting Globalisation : Catalysts for Change, publié par Standard Chartered, 81 % des chefs d’entreprise kenyans reconnaissent que le commerce permet un développement durable, où personne n’est exclu de l’économie mondiale.

Le rapport recueille les avis de plus de 3 000 chefs d’entreprise du monde entier et met en lumière la nature très résiliente et évolutive de la mondialisation. Notre étude montre que les chefs d’entreprise kenyans sont les plus confiants quant au rôle que joue le capital dans la mondialisation et qu’ils sont parmi les plus susceptibles d’affirmer que les investissements étrangers ont joué un rôle déterminant dans la croissance et le développement de l’économie.

Les conclusions du rapport suggèrent que le commerce mondial n’est pas seulement un moteur économique ; c’est un catalyseur de pratiques durables et d’innovation.

Les chefs d’entreprise kenyans sont également plus enclins que leurs homologues des 19 autres marchés étudiés à affirmer que les solutions au changement climatique nécessitent une approche locale. Le rapport révèle une confiance surprenante des chefs d’entreprise dans la mondialisation et le commerce, malgré tous les obstacles. Cette confiance n’est pas un optimisme aveugle ; elle est fondée sur la reconnaissance des avantages indéniables que le commerce mondial a apportés, notamment en matière de développement durable. Et 86 % des dirigeants reconnaissent cet impact positif, remettant en cause le scepticisme croissant à l’égard de la mondialisation.

Un aspect essentiel de cette nouvelle mondialisation est l’accent mis sur l’inclusion et la durabilité. Il est urgent de trouver un équilibre entre croissance et durabilité, en particulier dans les marchés en développement. Les conclusions du rapport suggèrent que le commerce mondial n’est pas seulement un moteur économique ; c’est un catalyseur de pratiques durables et d’innovation. Cette perspective est cruciale alors que nous naviguons dans la complexité des défis environnementaux et des inégalités sociales. Car 49 % des chefs d’entreprise kenyans estiment que si la durabilité reste une considération primordiale, les pays doivent favoriser la circulation des biens et des services avec le moins de frictions possible.

En outre, le rapport souligne l’importance de la libre circulation des capitaux. Presque tous les chefs d’entreprise (95 %) s’accordent sur cette nécessité ; ils sont 97 % au Kenya, ce qui souligne le rôle des marchés financiers dans la stimulation de la croissance, tant dans les économies développées que dans les économies en développement.

 

Les investissements responsables

Cette perspective est essentielle, compte tenu de l’importance croissante accordée au développement économique équitable à l’échelle mondiale. Cependant, il ne s’agit pas seulement de capitaux et de commerce. La révolution numérique a rapproché le monde, 75 % des dirigeants reconnaissant les effets positifs de la libre circulation des données. Cette interconnexion numérique modifie notre façon de penser la finance, la sécurité et la mobilité des talents. La réserve mondiale de talents, comme le soulignent 74 % des dirigeants, est devenue la pierre angulaire de pratiques commerciales innovantes et diversifiées.

Standard Chartered rapport

Le Kenya est un pays qui adopte l’utilisation généralisée de la technologie et des outils numériques dans des secteurs économiques cruciaux, notamment la finance. Quelque 87 % des chefs d’entreprise kényans affirment que la finance décentralisée, qui s’appuie sur des technologies telles que la Blockchain, créera un système financier plus équitable. Cet objectif peut être atteint grâce au partage des progrès technologiques entre les pays, ce qui permet de renforcer les actifs numériques et d’aboutir à un résultat positif.

Un résultat surprenant du rapport est que les chefs d’entreprise des économies émergentes sont plus susceptibles d’accepter des rendements moindres pour des investissements plus responsables que leurs homologues des pays développés.

Les dirigeants du Kenya (45 %), du Nigeria (46 %) et de la Chine (44 %) sont parmi les plus susceptibles de favoriser les opportunités d’investissement plus durable et plus responsable. D’un point de vue mondial, 59 % des personnes interrogées estiment que la recherche des meilleurs rendements est le facteur le plus important dans leurs décisions d’investissement. La Suisse en est un bon exemple : seul un investisseur sur quatre opterait pour un investissement plus responsable.

 

Un monde plus inclusif

Malgré ces attitudes positives, le chemin à parcourir n’est pas sans défis. Les mécanismes de gouvernance mondiale, bien qu’efficaces dans certains domaines, doivent être réévalués et restructurés pour répondre aux nuances des problèmes mondiaux actuels, en particulier dans le domaine de l’environnement. Le rapport fait état d’une réponse mitigée quant à l’efficacité de ces mécanismes, 70 % des dirigeants les considérant comme positifs. En conclusion, les chefs d’entreprise doivent répondre à cet appel à l’action. Nous devons repenser la mondialisation, non pas comme un concept passif, mais comme un processus dynamique et évolutif.

Et 87% des chefs d’entreprise kényans affirment que la finance décentralisée, qui s’appuie sur des technologies telles que la blockchain, créera un système financier plus équitable.

Le prochain chapitre de la mondialisation ne concerne pas seulement la croissance économique. Il s’agit de créer un monde plus juste et plus inclusif, où le progrès technologique profite à tous et où la durabilité n’est pas une simple réflexion après coup, mais un principe directeur. Pour reprendre les termes de Bill Winters, directeur général du groupe Standard Chartered, nous avons besoin d’une « transition juste » pour assurer la poursuite du développement économique sans sacrifier notre planète ni laisser personne de côté. L’avenir de la mondialisation n’est pas seulement entre les mains des décideurs politiques et des chefs d’entreprise ; il dépend de notre effort collectif pour façonner un monde qui valorise la connexion, la collaboration et la croissance durable.

 

Kaiuki Ngari Standard Chartered

 

 

 

Kaiuki Ngari est directeur général de la Standard Chartered Kenya et Afrique.

 

@AB

 

 

Écrit par
Kaiuki Ngari

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