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Opinion

Les pâturages numériques d’Afrique

La RGPD restera lettre morte

Le nombre d’habitants, plus l’innovation dans le mode de financement de l’économie, donne au numérique un rôle central dans l’industrialisation du continent. En effet, même au plus bas étiage actuel de connexions à l’internet, on trouve déjà en Afrique une blogueuse millionnaire en dollars, et zéro blogueuse dans la même situation en Europe.

Linda Ikéji, Nigériane bien sûr, est devenue millionnaire en dollars en ouvrant un simple blog local de gossip, c’est-à-dire de commérages sous les initiales LIB, (Linda Ikeji’s blog). Le commérage pur et dur, sur tout et n’importe qui, de la star de Nollywood au voisin du quartier.

En dépit des difficultés d’accès à l’internet, simplement parce que le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique, la force du nombre a fait un miracle à l’américaine. Qu’en sera-t-il lorsque l’écosystème digital se sera développé en Afrique ? La révolution numérique est vraiment taillée pour l’Afrique. Les firmes comme Orange qui s’y précipitent le savent bien. Orange a fermé ses filiales en Autriche comme dans toute l’Europe centrale, espace à population vieillissante dont la natalité est en chute libre, pour aller à la nouvelle frontière du capitalisme : l’Afrique.

Quand l’Afrique cessera de rationner le crédit comme dans les pays de la zone CFA, ou de le rendre très coûteux pour les entreprises, ce qui diminue la rentabilité des investissements et donc l’investissement global, elle pourra en finir avec le déficit en infrastructures de production d’énergie, de télécommunications, etc. Le poids du nombre, la jeunesse de sa population, ouvrent au continent de verts pâturages numériques. Ceux-ci seront d’autant plus verts, que la réglementation sur la protection des données y sera proche de zéro.

Heureusement que la RGPD restera lettre morte. Sur le Net, le consentement est plus extorqué qu’accordé. Chaque fois qu’un site avertit de la présence de cookies et que l’on accepte de continuer la navigation, on accepte en fait des mouchards qui vont transmettre (vendre) instantanément les données à d’autres firmes. L’exploitation des données est la contrepartie de la gratuité de l’internet. Dans les faits, le bénéfice d’usage l’emporte sur les craintes liées à la vie privée. C’est le privacy paradox. L’on peut donc réaffirmer l’impératif de liberté totale pour l’écosystème numérique en Afrique.

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