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Opinion

Les pâturages numériques d’Afrique

Ce shadow banking est l’innovation qui permet au système bancaire chinois d’irriguer l’intégralité du système productif. Et chacun peut voir les résultats. En Chine, quand on veut investir, l’argent n’est jamais un problème. La Chine est aujourd’hui devenue le challenger des États-Unis. Cette montée en puissance ne doit rien aux partenaires au développement, à la Banque mondiale, au FMI et autres « machins » occidentaux.

Pour une monnaie commune

Lueur d’espoir, le président du Ghana vient de décider que son pays ne ferait plus jamais appel aux crédits du FMI. L’Afrique commence à comprendre le B-A BA du capitalisme. D’abord l’on crée de la richesse nominale (la monnaie de création bancaire). Celle-ci est ensuite transformée en richesse réelle par le système productif (paiement des salaires).

Le salaire ne s’obtenant qu’en contrepartie de la création d’un bien ou service réel. Et si jamais la contrepartie productive exige des devises pour importer des machines et des compétences, les pays africains ont assez de ressources naturelles pour effectuer des opérations de swaps ou troc de devises.

Une fois la monnaie commune créée, l’Afrique cédera sa monnaie commune inconvertible, donc absente des marchés de changes, au reste du monde, pour que ce dernier puisse accéder aux matières premières. Le reste du monde cédera à l’Afrique des devises qui lui permettront d’accéder aux équipements industriels et au savoir-faire industriel (learning curve).

En fait, le swap de devises ne fera que couvrir un troc de biens et services réels. En analyse monétaire, nous savons que les paiements internationaux en monnaies nationales sont des faux paiements, ils servent juste de couverture à des opérations de troc.

Une réflexion simple permet de comprendre pourquoi. Quand un importateur d’un pays A achète à un pays B donné, c’est la totalité du pays A qui devient acheteur vis-à-vis du pays B, par transitivité. Quand A envoie sa monnaie nationale en paiement au reste du monde, le paiement est avorté par la monnaie nationale, laquelle est une promesse de payer émise par un ensemble acheteur.

La logique interdisant à tout acteur économique, ménage, entreprise, ou pays, de payer avec sa propre promesse de payer, le paiement international en monnaie nationale est avorté. La généralisation du raisonnement à tous les pays du monde fait des paiements internationaux en monnaies nationales, des faux paiements ; plus précisément l’habillage monétaire d’opérations de troc.

Lancée à l’extérieur de l’économie nationale, la monnaie n’est plus un instrument de paiement, mais une promesse de payer, émise par un ensemble acheteur. La monnaie dégénère donc en reconnaissance de dette ou actif financier. Pour preuve, la devise (dollar, euro, livre, etc.) reçue par l’ensemble exportateur définit une créance sur le pays émetteur, c’est dire que le paiement est avorté. Car par définition, le paiement éteint la dette économique. Bref, le modèle de monnaie communautaire africaine que nous proposons est parfaitement cohérent avec le système monétaire international existant.

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