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Opinion

Les pâturages numériques d’Afrique

Selon les données de la Banque mondiale, l’Afrique compte déjà un milliard d’habitants et devrait être portée à 2,5 milliards d’habitants en 2050 et à 3,6 milliards d’habitants en 2100, représentant alors 35 % de la population mondiale. En 2050, les 0-14 ans devraient encore représenter 32 % de la population.

Le vieillissement de la population attendra encore plusieurs années avant d’être envisagé comme une problématique susceptible d’intéresser les politiques publiques. En clair, si l’exploitation de la donnée est le moteur de la révolution numérique, l’énergie de l’intelligence artificielle, l’Afrique semble être son écosystème naturel.

Il ne reste donc à l’Afrique qu’à se mettre en position d’efficacité collective. Plus précisément à innover dans le mode financement des économies subsahariennes, et à protéger ses industries naissantes via la création d’une monnaie commune africaine, inconvertible. Ce que la Chine a réussi avec une adhésion tardive (2001) aux règles internationales du commerce et une sous-évaluation permanente du yuan, l’Afrique peut le rééditer.

La position d’efficacité collective

On appelle donnée, toute information privée que l’on communique à des entreprises le plus souvent lorsqu’on navigue sur l’internet. Les entreprises détiennent ainsi des données comme le nom le prénom, l’âge et le lieu de naissance, la ou les nationalité(s), le lieu de résidence, le statut (marié ou célibataire), les coordonnées bancaires, les opinions politiques, religieuses, les goûts littéraires, les choix musicaux, l’addiction au sexe, au luxe, etc.

Le monde de la donnée est infini car des algorithmes peuvent décortiquer les mails, les achats, les sites favoris etc. et déterminer un profil. Ce qui permet de transformer tout internaute en cible commerciale, en prospect pour une activité à la recherche de clients potentiels.

Il ressort ainsi que plus il y a de données, d’utilisateurs d’internet dans un espace économique, plus l’intelligence artificielle a de la matière première, et plus il y a dans cet espace une démultiplication des opportunités d’affaires. L’équation de l’industrialisation de l’Afrique est désormais claire. D’abord, faire des enfants, encore plus qu’avant ; ensuite électrifier le continent. Le nombre, et l’accès à l’électricité (à l’internet), voilà pour le pied droit du décollage industriel.

Le pied gauche du take off africain concerne l’innovation dans le mode de financement de l’économie, afin de lever l’hypothèque des capitaux. L’obstination des Africains à ne pas comprendre que l’argent se crée, est désespérante. Nul besoin, d’investisseurs étrangers, ni d’emprunts sur les marchés financiers pour prétendument financer les infrastructures.

L’Afrique n’a pas besoin de la BAD pour tendre la sébile aux fonds d’investissement du reste du monde. Elle doit juste reproduire le système chinois d’irrigation de l’économie dans toutes ses composantes. La composante formelle comme la composante informelle. En ce domaine également, le maître-mot est liberté. Diminuer les règles, pour maximiser la création de monnaie.

En Chine, les banques contournent la réglementation bancaire et octroient des crédits à des activités rémunératrices du secteur informel en utilisant un véhicule intermédiaire (trust, filiales de fonds de gestion) qui se charge ensuite de le faire transiter au client final.

Ces prêts déguisés sont comptabilisés dans le bilan des banques en « créances d’investissement » et non en « prêts ». Cela permet aux banques chinoises de limiter considérablement les provisions associées au risque. Le prêt ne figure pas à l’actif de la banque, le compte de résultat devient plus présentable. Et en cas de non-paiement, la perte peut s’étaler dans le temps. En 2015, comme en 2016, les « créances d’investissement » totalisaient 14 000 milliards de yuans, soit 2 100 milliards de dollars. « L’équivalent de 16,5 % du portefeuille des prêts réguliers, en croissance de 63 % sur un an », selon le bulletin économique de l’ambassade de France à Pékin.

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