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Opinion

Les pâturages numériques d’Afrique

N’ayons pas peur de la révolution numérique en cours. Au contraire, l’Afrique, de par la jeunesse de sa population, a des atouts considérables pour développer l’industrie de la donnée. À condition de refuser les entraves.

Par Désiré Mandilou

Face à une technologie, l’Américain en fait un business, le Chinois copie ce business, tandis que l’Européen fait des normes. » Cet adage semble se concrétiser : face à l’exploitation des données (ou data mining) l’Europe vient de produire un règlement général sur la protection des données (RGPD).

Au risque de corseter la créativité naturelle de l’écosystème digital, au nom de la protection de la vie privée. L’autre risque majeur, ou effet collatéral de cette réglementation, est de rendre plus difficile la conversion au numérique des systèmes productifs africains. En effet, dans le monde qui vient, le monde qui est déjà là sous la dénomination d’intelligence artificielle, la liberté d’exploitation des données est un avantage compétitif. Un ressort de l’industrialisation de l’Afrique.

Simplement parce que le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique, la force du nombre a fait un miracle. Qu’en sera-t-il lorsque l’écosystème digital se sera développé en Afrique ? La révolution numérique est taillée pour le continent.

À coups de leapfrogs (sauts de grenouille). L’Afrique a déjà sauté le téléphone filaire pour aller directement au téléphone mobile. Elle est en train de sauter les cartes bancaires pour aller directement aux paiements par mobile. Grâce à l’exploitation des données, eu égard aux tendances démographiques du continent à l’horizon 2050 ou 2100, l’Afrique peut devenir la puissance émergente de ce siècle. Quelles sont les données du problème, ou plutôt quel est le problème de la donnée ?

Le problème de la donnée

Historiquement, le décollage industriel est fils d’un saut technologique dans le système énergétique (houille-vapeur), d’une innovation dans la création monétaire (le système des réserves fractionnaires), et de la protection des industries naissantes. De tout temps, en tous lieux, dans des combinaisons diverses et variées, ces trois composantes déterminent le décollage industriel. Depuis le dernier quart du xxe siècle, le monde assiste à la montée en puissance de la Chine.

Encore une fois, sur la base d’une révolution tant du système énergétique que des modes de financement. Quelle est l’énergie de la quatrième révolution industrielle dénommée révolution numérique ? La donnée. Ce n’est plus un facteur de production puisé dans la nature comme le charbon, le fer, le pétrole, le gaz, etc. mais un facteur produit par l’homme lui-même. Cette fois-ci, plus on est nombreux démographiquement, plus on produit de la donnée. C’est en ce sens que nous considérons la liberté d’exploitation des données comme une condition sine qua non de l’industrialisation de l’Afrique.

La jeunesse est un atout

En Afrique, les taux de croissance de la population demeurent les plus élevés du monde ; supérieurs à 2 %, voire proches ou supérieurs à 3 % dans certains pays (comme le Niger, le Mali, le Sénégal, la Tanzanie, la Zambie ou l’Ouganda). L’Afrique est un continent jeune. Les taux de mortalité ont connu une baisse rapide.

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