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Opinion

Les banques au service d’une économie émergente

Les réformes économiques en cours, telles que la nouvelle législation en matière d’investissement et de faillite et l’amélioration du processus de répartition des terres, ont contribué à l’amélioration de la compétitivité de l’Égypte. En outre, le pays a constaté une amélioration de l’environnement des affaires, une consommation intérieure saine et la confiance dans le taux de change. Ces causes favoriseront les projets d’expansion des entreprises.

Les exportations ont poursuivi leur tendance de croissance, grâce au faible coût de la main-d’oeuvre. Les principaux secteurs d’exportation de l’Égypte (produits pétrochimiques, engrais et textiles) ont augmenté en 2018, les exportations ayant augmenté de 19 % pour atteindre 25,8 milliards de dollars au cours de l’année.

Moody’s s’attend à ce que les niveaux de prêts improductifs restent globalement stables compte tenu de la forte croissance économique. Les prêts non performants des banques égyptiennes sont tombés à 4,4 % du total des prêts en septembre 2018 contre 19,3 % en 2007. 

Priorité donnée à l’inclusion financière 

La Banque centrale d’Égypte et le comité de politique monétaire ont introduit des réformes monétaires importantes, en 2016 ; le gouvernement a engagé des transformations économiques pour adapter l’appareil financier égyptien aux principaux défis économiques. Les réformes ont créé une croissance durable et inclusive, améliorant ainsi les conditions de développement. 

De leur côté, les banques conservent une forte croissance du crédit avec une rentabilité continue. Même si la livre égyptienne s’érode à mesure que les banques épuisent leurs réserves de devises étrangères, Moody’s a revu à la hausse, en octobre 2018, ses perspectives concernant le système bancaire égyptien, portées à « stables ». 

Sur le plan local, les taux d’intérêt élevés ont profité au secteur bancaire qui a prêté des fonds au gouvernement via la souscription de bons du Trésor. Ainsi, pendant des années, les banques égyptiennes ont été des prêteurs massifs auprès du gouvernement égyptien aux dépens du secteur privé. Cela a nui aux emprunteurs du secteur privé qui cherchaient à financer leurs dépenses en capital ou leurs dépenses de fonctionnement. Cela a été aggravé par plusieurs facteurs, notamment le manque de demande du secteur privé. 

Pour autant, l’inclusion financière doit être renforcée, car un tiers seulement des adultes est bancarisé. Les autres travaillent dans l’économie informelle et effectuent divers petits métiers. Ils n’empruntent pas les circuits formels pour épargner. Ils n’ont aucun accès aux prêts et aux hypothèques et comptent sur les emprunts contractés auprès de leur famille pour créer une entreprise ou acheter une propriété. 

Après le lancement de la Vision 2030 de l’Égypte et son alignement sur la stratégie de développement durable, la Banque centrale d’Égypte s’est fixé comme objectif l’amélioration de l’inclusion financière. L’une des principales initiatives prises par les gouvernements pour encourager la bancarisation a été l’émission de 4,5 millions de cartes par des institutions gouvernementales et de 7 millions supplémentaires pour les retraités.

Depuis lors, tous les versements de salaires s’effectuent via le système bancaire. Selon un rapport de McKinsey (2018), seuls 3,5 % des cartes de débit et 1,4 % des cartes de crédit étaient utilisées pour effectuer des paiements en ligne. Des préoccupations demeurent concernant la sécurité des transactions sans numéraire, que le gouvernement cherche à résoudre. Même le commerce électronique en ligne est généralement payé en espèces à la livraison. Plusieurs initiatives sont en cours pour amener la population à l’inclusion financière et à développer le decashing.

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