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Opinion

Le dividende démographique exige davantage d’investissements

Le dividende démographique exige davantage d’investissements
  • Publiéavril 15, 2024

En réponse aux propos tenus par Jean-Michel Severino à NewAfrican, Mabingue Ngom juge que la transition démographique n’est pas complète, en Afrique.


Cher Jean-Michel Severino,

J’ai récemment suivi votre excellent entretien avec mon ami Hichem Ben Yaïche et votre opinion selon laquelle la dette africaine serait en baisse. Cependant, je tiens à vous inviter à nuancer voire à corriger cette appréciation en vous basant sur les données récentes du FMI (Fonds monétaire international) concernant l’évolution de la dette africaine.

Il est essentiel de tenir compte de l’évolution récente de la dette africaine, des investissements nécessaires pour soutenir la transition démographique, ainsi que des expériences des Tigres asiatiques et de l’Inde pour avoir une vision globale de la situation.

Il est vrai qu’entre 2000 et 2006, la dette africaine avait affiché une tendance à la baisse, ce qui était une période encourageante. Cependant, depuis lors, la trajectoire de la dette africaine est repartie à la hausse, et cette tendance ascendante s’est maintenue ces dix à quinze dernières années. Cette situation pose des défis importants, notamment en ce qui concerne le service de la dette, qui limite l’espace fiscal disponible pour financer les investissements nécessaires pour soutenir le processus de transition démographique en cours en Afrique.

Concernant le processus de transition démographique en Afrique, il est indispensable mais pas suffisant pour générer le dividende démographique qui va transformer le continent. En effet, sans investissements massifs dans l’éducation et la formation pour rehausser la qualité du capital humain, l’Afrique risque de ne pas pouvoir reproduire le succès des tigres asiatiques comme la Corée du Sud, Singapour et Taiwan. L’expérience de l’Inde est également pertinente à cet égard, car malgré une transition démographique en cours, le pays est confronté à des défis majeurs en matière de développement humain.

Il est crucial que la communauté internationale, les institutions financières et les dirigeants africains accordent une plus grande attention à la question de la dette africaine et travaillent ensemble pour déployer les ressources nécessaires afin de soutenir le processus de transition démographique en Afrique.

Il est regrettable de constater un déficit de solidarité internationale évident en ce qui concerne ces sujets, ainsi qu’une attention décevante de la part de la plupart des dirigeants africains. Cependant, il est intéressant de noter que certains pays du Sahel, avec le soutien de la Banque mondiale, ont fait preuve d’efforts extraordinaires dans ce domaine. Ces efforts méritent d’être salués, car ils montrent que tout n’est pas aussi sombre dans le Sahel.

Il est essentiel de tenir compte de l’évolution récente de la dette africaine, des investissements nécessaires pour soutenir la transition démographique, ainsi que des expériences des Tigres asiatiques et de l’Inde pour avoir une vision globale de la situation. Des investissements massifs dans l’éducation et la formation sont indispensables pour améliorer la qualité du capital humain en Afrique et permettre de générer le dividende démographique.

Cordialement

Mabingue Ngom

 

 

Mabingue Ngom est un spécialiste de la santé mondiale et du développement, comptant une trentaine d’années d’expérience dans ce domaine. Il a notamment été directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

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@NA

 

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Rédaction

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