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Opinion

Le droit de veto, un dispositif anachronique

Le droit de veto, un dispositif anachronique
  • Publiédécembre 21, 2023

Les règles issues de la Seconde Guerre mondiale sont obsolètes. En particulier, celle qui donne un droit de veto aux Nations unies à une poignée de nations, au mépris de toutes les autres.

 

Si Noël est l’occasion pour les familles de se réunir et de partager de joyeuses célébrations, nous devrions garder à l’esprit les origines de cette tradition. Il s’agit de célébrer la naissance de Jésus-Christ (Nabi Issa dans l’Islam) qui a apporté un message de paix, de libération de l’oppression, de justice et d’égalité, de charité, d’humanité et de pardon.

La période est aussi propice à la réflexion à l’état du monde et renouveler notre détermination à réparer les erreurs et à promouvoir ce qui est juste et équitable. Il est indéniable qu’aujourd’hui, dans de nombreuses régions, le monde est laid et brutal et qu’il le devient de plus en plus.

Il est grand temps que les petites nations et les organisations de la société civile aient leur mot à dire dans les décisions qui ont un impact sur le monde – après tout, la majorité de la population mondiale vit dans ces pays.

Nous voyons ces scènes sorties de l’enfer se dérouler devant nous alors que des dizaines de milliers de civils totalement innocents sont massacrés, que des enfants sont à nouveau massacrés par milliers, que des membres sont déchiquetés et que des espoirs meurent.

Nous regardons, abasourdis et consternés, mais nous sommes impuissants à faire quoi que ce soit pour arrêter les massacres, que ce soit à Gaza, en Ukraine ou au Soudan. Nous ne pouvons qu’élever la voix pour protester et prier, mais nous sommes impuissants à changer quoi que ce soit.

Les soi-disant grandes puissances – les maîtres de ce monde avec leurs immenses richesses et suffisamment d’armes pour détruire plusieurs mondes –, semblent impuissantes. Elles ne peuvent que se tordre les mains de désespoir et lancer de faibles appels à la retenue.

Il est clair que le mantra de l’« ordre mondial fondé sur des règles », souvent cité, est devenu un mythe. Les règles, issues des cendres de la Seconde Guerre mondiale et accompagnées de promesses sincères de ne plus jamais répéter les atrocités commises contre les civils, ont été déchirées et jetées au rebut. La seule règle aujourd’hui est celle de la loi du plus fort et nous sommes revenus à la case départ.

 

Un droit à l’inaction

C’est l’ampleur et la barbarie des massacres et des destructions perpétrés pendant la Seconde Guerre mondiale qui semblent avoir enfin réveillé les puissants de leurs rêves de domination et qui ont conduit à la création des Nations unies et de la Cour pénale internationale.

Ces deux institutions ont été conçues dans l’espoir que leur intervention garantirait que le mantra « plus jamais ça » prévaudrait dans les conflits futurs. Elles ont donc conduit à la création d’un « ordre » qui établirait des lignes directrices sur la conduite des parties en conflit, tant au niveau international qu’au niveau national.

Comme nous pouvons le constater, les pays et les parties investies enfreignent les règles en toute impunité et les Nations unies sont impuissantes à faire quoi que ce soit, sauf à lancer des appels frénétiques.

Le plus grand obstacle à toute action significative est bien sûr le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie).

Peu importe que la majorité des Quinze membres du Conseil de sécurité ou même la majorité de l’Assemblée générale des Nations unies vote en faveur d’une motion et que l’un des cinq membres permanents vote contre, la motion est annulée.

Résultat : l’impasse, la paralysie et la poursuite des massacres et de la misère. Il s’agit d’un dispositif anachronique qui n’a pas sa place dans le monde moderne.

Il est clair que ce système où quelques privilégiés ont une telle emprise sur la vie et le destin de milliards de personnes dans le monde ne peut plus durer. Il est cassé et doit être remplacé.

La France se bat depuis 2013 pour faire adopter une révision de cette disposition. Elle propose que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité s’engagent volontairement et collectivement à ne pas utiliser leur droit de veto lorsqu’une atrocité de masse a été constatée.

 

Une voix nouvelle pour l’Afrique

La définition d’une atrocité de masse serait basée sur la Convention de 1948 sur le génocide et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, ainsi que sur la Déclaration du Sommet mondial de 2005 qui a réaffirmé la détermination du monde à mettre fin aux massacres de masse et aux châtiments collectifs.

Il s’agit là d’une solution pratique au pouvoir étouffant du veto, qui pourrait réellement donner du mordant au désir de mettre fin à l’obscénité des massacres de masse.

Dans le même temps, il est grand temps que les petites nations et les organisations de la société civile aient leur mot à dire dans les décisions qui ont un impact sur le monde – après tout, la majorité de la population mondiale vit dans ces pays. L’Afrique réclame depuis longtemps un poste permanent au Conseil de sécurité. L’Union africaine fait pression pour obtenir deux sièges permanents avec droit de veto et deux sièges supplémentaires dans la catégorie des non-permanents.

 

NewAfrican, le magazinedelafrique.com, souhaite à tous ses lecteurs d’excellentes fêtes de fin d’année.

@NA

 

Écrit par
Anver Versi

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