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Opinion

Facebook et l’Afrique le désamour ?

Facebook voulait aussi introduire une monnaie virtuelle sur son réseau. Le refus des autorités américaines a suffi à l’en dissuader, nouvelle preuve qu’en dépit de sa taille économique, le premier réseau mondial d’internautes n’a pas les moyens de s’opposer aux grands pays. Il ne peut d’ailleurs toucher les Chinois qu’à la marge, via une sorte de Darknet accessible qu’aux seuls spécialistes, Pékin l’ayant 

Mais l’Afrique… Entre le fisc européen piloté par Paris et le sud du Sahara, Zuckerberg n’a sans doute pas hésité. On a appris depuis – information lâchée probablement par l’opérateur lui-même pour tenter de se dédouaner –, que les censeurs du réseau étaient des humains de chair et de sang parfois idéologiquement engagés. On peut le comprendre pour les sites radicaux islamistes. Mais pour les sites Africains se battant pour l’indépendance réelle de leur pays ? 

Toujours est-il qu’aujourd’hui, Facebook est dans le collimateur de ses clients subsahariens. On sait que les Chinois travaillent actuellement sur un substitut à Google, tout comme quelques informaticiens européens déterminés. Qu’adviendra-t-il, à long terme, du plus puissant réseau informatique si ses utilisateurs perdent confiance en lui ? Il n’a pas de réels concurrents pour l’instant. Mais demain ?

Destruction créatrice 

On voit ici le principal défaut des Occidentaux face à leur déclin : ils n’y croient pas et pensent que leurs montages ne seront pas détruits : la France-Afrique croit sa présence africaine irréversible et pérenne avec des méthodes dignes du xixe siècle ; et Facebook croit que sa leur tout de même la déconvenue de deux autres grands américains du numérique : IBM, l’incontestable numéro 1 des années 1950-1970, ne vit pas venir les ordinateurs individuels tandis que Microsoft, le géant des années 1995-2005 avec son logiciel Windows, ne vit pas venir les tablettes tactiles qui firent le bonheur de Google et de son logiciel Android.

Tout comme le cimentier français Lafarge, ex-premier mondial, ne vit pas venir les concurrences est-européennes puis chinoises et maintenant africaines. Tout comme l’industrie automobile occidentale ne vit pas venir la concurrence asiatique. Tout comme…

La liste est trop longue pour énumérer tous les cas d’arrogance occidentale face à un ex-Tiers-monde dont les Blancs ont toujours du mal à croire à l’émergence : les Américains ne viennent-ils pas de découvrir que la Chine est bien plus dangereuse économiquement pour eux que la Russie qu’ils considèrent toujours comme leur principal adversaire sur le théâtre mondial ? 

La FranceAfrique n’a visiblement rien compris à l’esprit indépendantiste des jeunes subsahariens francophones : sans doute pense-t-elle avoir toujours affaire à une majorité d’indigènes incultes ? Or la phase actuelle est une phase revancharde, pas amicale du tout : même s’ils sont jeunes, les concepteurs de la politique africaine de la France restent des vieux croûtons !

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