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Opinion

Dirigeants africains, soignez-vous dans votre pays !

Dirigeants africains, soignez-vous dans votre pays !
  • Publiéavril 20, 2019

Peu d’objectifs atteints

Dix-huit ans plus tard, il est décou­rageant de constater que très peu de pays ont atteint les objectifs fixés dans la Décla­ration. Selon la base de données sur les dépenses de santé dans le monde 2016 de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la part de la santé en Afrique représente 10 % des budgets nationaux en moyenne.

Seuls quelques pays – le Malawi, l’Éthiopie, la Gambie et le Swaziland, consacrent plus de 15 % de leurs dépenses à la santé. L’Afrique du Sud, la Namibie, la République centrafricaine, le Burundi, le Lesotho, Le Cap-Vert et la Tanzanie y consacrent entre 11 % et 14 %. Les pays les plus mal classés, au-dessous de 5 %, sont le Nigeria, l’Érythrée, le Cameroun et l’Angola.

Les statistiques de l’OMS montrent que les dépenses de santé ne sont pas une priorité pour les gouvernements africains. Trop de pays comptent sur l’aide étrangère, tandis que les gouverne­ments devraient prendre leurs respon­sabilités et financer la santé publique au moyen du budget national. Bien que les pays africains aient augmenté leur budget de santé, avec des dépenses publiques à environ 160 $ par habitant en moyenne en 2014 contre 70 $ en 2000, ces chiffres demeurent largement inférieurs aux objectifs fixés.

Inégalités face aux soins

Une analyse plus approfondie des dépenses publiques révèle que les budgets de santé en Afrique ne sont pas équitables et sont distribués de manière inégale : les habitants des zones rurales marginalisés reçoivent moins de soins de santé et beaucoup ne peuvent même pas accéder à des soins de base.

« Sur 100 $ qui entrent dans les caisses de l’État en Afrique, 16 $ en moyenne sont alloués à la santé, mais seulement 10 $ sont effectivement dépensés et moins de 4 $ vont au service de santé prévu. Cette incapacité à assurer que l’argent public parvienne aux services de santé qui en ont besoin a sans aucun doute des répercussions négatives sur les soins de santé… », indique le rapport 2016 de l’OMS, Financements publics alloués à la santé en Afrique.

Les gouvernements africains devraient accroître la part du budget réservée aux soins de santé, aligner les dépenses de santé sur une offre de services améliorée, distribuer plus uniformément les fonds pour que les populations pauvres et vulné­rables aient accès aux soins, augmenter la collecte des recettes, créer les conditions permettant d’attirer des investissements privés dans la santé, améliorer les condi­tions de travail du personnel soignant, et ne pas pratiquer de tourisme médical.

Les chefs d’État devraient montrer l’exemple en se faisant soigner dans leur pays plutôt qu’à l’étranger. Alors, peut-être, verrons-nous une amélioration rapide des soins de santé en Afrique.

Écrit par
Par Allen Choroma

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