Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Opinion

F.CFA : Un leurre colonial

…les marchés européens. Tout le monde le sait, mais nul n’y peut rien changer. Pour n’incriminer personne, mettons cela sur l’inertie naturelle de l’empire colonial français. 

Un développement bridé 

Illusoire société de l’abondance. Voilà une expression qui sied parfaitement aux économies Cemac. Des économies qui produisent peu, qui importent quasiment tout ce qu’elles consomment (hors le Cameroun qui est une puissance agricole régionale).

`Des économies dans lesquelles l’abondance de véhicules 4×4 rutilants pourrait faire croire à une société de l’abondance alors qu’il ne s’agit que d’économies consuméristes et ostentatoires. Une économie est dite consumériste quand elle se contente de consommer ce qui est produit par d’autres, qu’il s’agisse de véhicules de luxe, de médicaments ou d’oignons rouges importés des Pays-Bas.

Ce qui est le cas des pays Cemac, (tant que les cours du pétrole sont élevés). Heureusement que cette caractéristique principale est tempérée par une microéconomie populaire et informelle, créatrice de vie et de survie pour les plus démunis. 

Si l’on considère que se développer consiste à répondre aux besoins essentiels de sa population par une combinaison pondérée des ressources disponibles, locales et extérieures, on en déduit que la Cemac est encore très loin de se développer.

Les pays de la Cemac sont bel et bien, corps, âmes, et esprits dans une situation d’économies extraverties, néocoloniales et dépendantes. Ces pays cochent toutes les cases permettant d’identifier un département français d’Outre-mer. 

En conclusion, on dira que lorsque le doigt montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. Alors que la monnaie CFA montre la désinsertion des pays Cemac de leur environnement économique naturel ; alors que la monnaie CFA en fait des pays insulaires par rapport au reste du continent africain, les économistes francophones perdent leur temps à établir la liste des avantages et des inconvénients de la dévaluation du CFA.

Démontrant en cela que les sociétés sous-développées sont avant tout des sociétés sous analysées… par leurs habitants. Primo, les monnaies post-CFA seront à très faible valeur internationale, parce qu’elles ne seront garanties que par la production à laquelle elles vont donner naissance.

Ce qui assurera la réinsertion des économies Cemac dans leur environnement économique naturel qui est le continent africain. Secundo, les monnaies post-CFA dévalueront, chaque fois que la gestion macroéconomique du pays se traduira par une perte de compétitivité vis-à-vis des principaux partenaires à l’échange.

La dévaluation n’est, donc, que la sanction d’une mauvaise gestion macroéconomique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

  • En finir avec les démocratures…

    L’Europe doit établir de nouveaux rapports politiques et économiques avec l’Afrique, au lieu de régler la question migratoire dans l’urgence. Et les pays africains doivent …

  • N’attisez pas la haine au Cameroun !

    Un article écrit par la célèbre auteure nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, dans le New York Times, ainsi qu’un discours de l’ancien président ghanéen JJ Rawlings, …

  • NTIC : L’opinion de Vera Karmebäck…

    Le cercle vertueux de la responsabilité sociale, une analyse de Vera Karmebäck, coordonnatrice RSE à RA International, une société d’experts sur les régions isolées. La plupart …

  • Les pâturages numériques d’Afrique

    N’ayons pas peur de la révolution numérique en cours. Au contraire, l’Afrique, de par la jeunesse de sa population, a des atouts considérables pour développer …