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Opinion

F.CFA : Un leurre colonial

continent qui sont à l’oeuvre. En d’autres termes, on pourra remplacer le mot Guyane par Gabon, Congo Brazzaville, Cameroun, Tchad, Centrafrique, ou Guinée équatoriale.

D’abord, Henry Panhuys relève une géographie du sous-peuplement. La Guyane « située entre 2 et 6 degrés nord de l’Équateur, en pleine Amazonie forestière, premier poumon de la planète, est un pays sous-peuplé. Sa population globale est estimée en 2017 à quelque 350 000 habitants, soit une densité moyenne de 3 habitants/km² pour une superficie de l’ordre de 90 000 km². Les 9/10e de cette population sont disséminés sur les bandes côtières (350 km) et riveraines des fleuves intérieurs et frontaliers (Maroni principalement, Oyapock). On observe une très forte concentration urbaine dans les agglomérations de Cayenne et communes alentour (130 000 habitants). En dépit d’une démographie galopante (de l’ordre de 3 %/an avec des taux de fertilité de 3 à 7 enfants par…

Le franc CFA ne coûte que l’encre pour l’imprimer au pays tuteur, mais celui-ci est instantanément doté de la capacité à prélever toutes les matières premières existant sur et sous, le sol africain.

 …femme), la Guyane reste globalement sous-peuplée et très inégalement peuplée. La densité à l’intérieur du pays guyanais n’excède pas 0,3 hbt/km² ! En cela, la Guyane pousse au paroxysme, la géographie du sous-peuplement du Plateau guyano-vénézuelo-brésilien et de l’Amazonie tout entière. En effet, cette vaste région située entre Orénoque et Amazone couvre une superficie de quelque 3 millions de Km², avec une population totale de l’ordre de 8 à 9 millions d’habitants ».

Une géographie semblable de sous-peuplement et de vide intérieur relatif se retrouve de l’autre côté de l’Atlantique, dans cette autre méga-région équatoriale, continentale, forestière et fluviale, que l’on appelle bassin du Congo.

Second poumon de la planète. 0,3 hbt/km2 c’est exactement la densité de la population à l’intérieur du Gabon. Au Congo Brazzaville, sur 342 000 km2, à peu près la superficie de l’Allemagne ou du Japon, il y a à peine 4 millions d’habitants, soit une densité de 11 habitants au Km2 contre 111 habitants au Km2 au Japon. En clair il y a encore, au Congo, de la place pour 100 millions d’habitants. 

Ensuite, Henry Panhuys relève une géographie du sous-développement. « La Guyane souffre d’un déficit patent d’infrastructures (routières, urbaines, rurales, scolaires, sanitaires, énergétiques, etc.) ainsi que des personnels et dispositifs locaux d’accompagnement qui devraient permettre d’en assurer le fonctionnement, la maintenance, ou la rénovation à long aller. Il en va de même des services publics, inexistants ou peu performants (notamment dans le domaine des transports urbains, des communications rurales intérieures, de la sécurité des citoyens).

Quand ils existent, ils fonctionnent mal, de manière intermittente, en raison de coupures d’électricité, de pannes de matériels ainsi que des dures contraintes d’un climat équatorial éprouvant, et d’une végétation envahissante (canaux de drainage, égouts, radiers obstrués provoquant inondations, prolifération de moustiques, maladies, etc.). » Il est vrai que l’écologie équatoriale dégrade rapidement les infrastructures, le cadre bâti, ou les stocks vivriers. 

Une « Guyane » en Afrique 

Bref, la Guyane connaît une situation spécifique de sous-développement et de dépendance caractérisée à l’égard de la Métropole. La Guyane consomme ce qui lui vient de la Métropole, autant dire de l’étranger, à un coût élevé alourdi d’une taxe d’importation excessive qualifiée d’octroi de mer.

La production locale de produits vivriers de base est « concurrencée par les supermarchés français et réseaux d’épiciers chinois. Les supermarchés et grands magasins vendeurs de produits alimentaires importés (aux prix doubles ou triples de ceux français et européens), d’habillement., d’ameublement et autres, fournissent une image déformée et déformante d’une illusoire société de l’abondance alors que des fractions notables de la population croupissent dans la misère. »

Faut-il ici préciser qu’au Casino de Brazzaville, les prix sont trois fois plus élevés qu’en France, que les laitues, poivrons rouges et poireaux consommés à Brazzaville sont importés, que le service de sécurité civile (les pompiers) arrive toujours après l’incendie, et que le service urbain de transport public, surnommé « Mal à l’aise » par les populations, a rendu l’âme moins de deux ans après sa création ?

Faut-il préciser que la compagnie Air France est seule habilitée à transporter du fret à partir de Brazzaville. Le coût exorbitant du kilo de fret aérien empêche le Congo d’expédier ses productions primaires périssables (mangues, maniocs, pondou, etc.) sur…

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