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TIC : L’Algérie peut mieux faire

En dépit des progrès enregistrés ces dernières années, l’Algérie reste encore à la traîne dans le secteur des TIC. La fracture numérique reste importante et de nouveaux investissements semblent indispensables.

Alger, Samia Lokmane-Khelil

La position de l’Algérie dans le classement 2018 des Nations unies sur l’e-gouvernance (E-Governement Developpement Indice-EGDI) constitue une avancée pour les uns. Mais elle exprime pour les autres la persistance de retards en matière de transition numérique. Même s’il a gagné 20 places depuis 2016, le pays ressort à la 130e place (sur 196 pays).

Produit tous les deux ans par la commission des Affaires économiques et sociales de l’ONU, le rapport évalue la progression de chaque pays dans sa gouvernance électronique ; laquelle implique la multiplication des infrastructures de télécommunications, la numérisation des services et une meilleure connectivité.

Cette année, le thème fondateur du rapport vise à « préparer le gouvernement électronique pour soutenir la transformation vers des sociétés durables et résilientes » et atteindre à l’horizon 2030 les Objectifs de développement durable. Comme pour d’autres pays, l’ONU s’est basée sur trois indices pour noter l’Algérie : celui des infrastructures de télécommunications où le pays est passé de la 135e position au niveau mondial à la 102e, et celui des services en ligne où il est passé de la 181e position à la 171e. Le troisième indice porte sur le capital humain.

La politique de l’Algérie repose sur l’extension du réseau et le soutien des investissements à travers l’ensemble du territoire national, aussi bien dans les zones urbaines que les zones rurales, voire isolées.

Encouragée par ces résultats, la ministre de la Poste et des TIC, Houda Imane Feraoun, estime que « le rythme des investissements actuels, accompagné d’un effort significatif du secteur dans le domaine de la formation des jeunes et la qualification technique des travailleurs permettrait à l’Algérie, dans les deux prochaines années, de progresser d’au moins 30 places dans le classement mondial de l’e-gouvernance ».

Selon la ministre, la politique de l’Algérie repose « sur l’extension du réseau et le soutien des investissements à travers l’ensemble du territoire national, aussi bien dans les zones urbaines que les zones rurales, voire isolées ». Le but étant de massifier l’accès à l’Internet et non pas de le limiter, comme dans certains pays, à des régions commercialement rentables.

La ministre des TIC avait d’ailleurs indiqué en avril que l’Algérie allait bientôt se doter de deux nouveaux câbles sous-marins pour renforcer les capacités data du pays. Elle avait également annoncé le recrutement, d’ici à 2020, de 5 000 techniciens en télécommunications pour combler le manque des effectifs et accélérer le rythme de la transition numérique.

Actuellement, l’Algérie n’enregistre que 3,1 millions abonnés à l’Internet fixe à très haut débit, sur une population globale estimée à 43 millions. De nombreuses régions ne sont pas encore couvertes par la Toile. Les services administratifs en ligne sont encore peu nombreux. Pour le moment, le ministère de l’Intérieur est le seul à avoir tiré son épingle du jeu, en mettant en oeuvre un vaste programme de digitalisation, des services de l’état civil notamment. Pour l’heure, les autres départements restent à la traîne.

L’impératif des Smart Cities

Dans son rapport sur l’e-gouvernance, l’ONU estime que le développement de l’administration numérique est impératif. « Nous assistons à la prolifération simultanée de big data, d’intelligence artificielle, de data science, de blockchain, de robotique et d’autres technologies qui impactent tout, notamment nos systèmes alimentaires, eau et assainissement, énergie, éducation, soins de santé, services sociaux… », constate l’organisation.

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