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NTIC

Numérique :  Djibouti, un carrefour IT

Avec désormais, onze câbles sous-marins, Djibouti est le quatrième État le plus connecté d’Afrique. Après avoir ouvert, en 2013, le premier Data Center de la région, le pays se rêve en hub numérique régional. 

Par DBM

En janvier 2020, le câble sous-marin Djibouti Africa Regional Express-1 (DARE1) reliant les pays de la côte de l’Afrique de l’Est a officiellement atterri à Siesta Beach, à Djibouti. Il devrait être mis en service en service en juin. Doté de 5 400 kilomètres, il reliera Djibouti, Mogadiscio, Mombasa et Bosaso, et offrira une capacité pouvant atteindre 30 térabits par seconde. En attendant Dare 2 qui rejoindra Dar es Salaam et Maputo, le câble sera également connecté au réseau mondial via plusieurs systèmes de câbles en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

Une interconnexion régionale, d’une valeur de 100 millions de dollars, qui aura fait l’objet d’un partenariat entre les opérateurs régionaux, à savoir Djibouti Telecom (80%), Somtel (Somali) et Telkom (Kenya) et d’un financement, à hauteur de 60%, de la Banque islamique de développement (BID). « Nous sommes impatients d’étendre Dare 1 à d’autres régions et de le connecter à d’autres câbles pour accroître l’accessibilité en Afrique et dans le monde », a déclaré le directeur général de Djibouti Telecom, Mohamed Assoweh Bouh. « Avec des coûts compétitifs d’interconnexion et de transit du trafic IP entre Djibouti, la Somalie et le Kenya, y compris le développement des capacités et des compétences, ce système de câbles est crucial pour le développement de l’Afrique de l’Est. »

« Le numérique sera essentiel à l’amélioration des conditions de vie des Djiboutiens, à l’expansion de notre économie, et au renforcement de notre position de pôle logistique et commercial pour la région. »

Un développement pour lequel Djibouti entend jouer un rôle majeur. Accueillant désormais onze câbles sous-marins : Gulf Bridge International (GBI), Transcontinental Europe India Gateway (EIG), EASSy, SEACOM, SEA-ME-WE 3, câble régional Aden-Djibouti, AAE-1 et SEA-ME-WE 5, etc..

En comptant trois câbles internationaux, le pays est le territoire le plus connecté au monde en proportion de sa population. Là encore, c’est en raison de sa situation géographique exceptionnelle sur la Corne de l’Afrique, à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb, entre l’Afrique, les pays du Golfe et l’Asie, que Djibouti est apparue comme une terre d’accueil privilégiée.

Le premier data center de la Corne de l’Afrique

Il faut aller encore plus loin. Alors que le gouvernement souhaite faire du numérique un levier et un accélérateur de son développement, Djibouti se rêve en hub numérique régional. Une conquête dans laquelle s’est déjà lancé Djibouti Telecom. Unique opérateur présent du pays, la compagnie s’est imposée comme « le point de chute des câbles sous-marins d’interconnexion entre l’Europe » selon son directeur.

Lequel vise 400 millions $ de chiffre d’affaires d’ici à 2025 (après 120 millions $ en 2018). Ainsi, en 2017, l’opérateur investissait dans l’Australia West Express Cable.  Il a signé un mémorandum d’entente avec la société GoTo Networks, spécialisée dans le déploiement de système sous-marin de fibre optique. C’est pourquoi le système relie la ville de Perth en Australie à la capitale Djibouti, participant à augmenter au passage la capacité de la connectivité Internet à haut débit du pays.

Une surconnexion qui a entraîné des activités connexes, dont le stockage de données. Depuis 2013, Djibouti abrite le premier, et unique à ce jour, data center de la Corne de l’Afrique. Il s’agit du Centre de données de Djibouti (DDC), situé à quelques mètres de la station d’atterrissage internationale de câbles en fibre optique de Djibouti Telecom. Il est le premier centre de données de niveau 3 neutre en Afrique de l’est.

Il offre un accès direct à tous les principaux systèmes de câbles internationaux et régionaux reliant les marchés européens, du Moyen-Orient et d’Asie à l’Afrique. Il s’affiche comme « un hub de passerelle fiable et rentable pour de nombreux marchés et fournisseurs de services à la croissance la plus rapide en Afrique ». Un espace aménagé à la demande de la clientèle et qui reçoit déjà les données de l’armée américaine, MTN, China Mobile, Facebook, etc.

Une attractivité reconnue

Un deuxième centre est prévu à Obock, à 235 km au nord de la capitale, destiné aux sociétés ainsi qu’aux administrations publiques, selon un protocole d’accord a été signé le 20 mars 2019. Il réunit les sociétés Weco Weco, spécialisée dans les énergies renouvelables, Telsam, dédiée aux équipements télécoms ; et le gouvernement djiboutien représenté par Djibouti Telecom et la société d’Électricité de Djibouti (EdD).

Cette signature confirme l’attractivité de Djibouti comme la plateforme IT régionale. Et les investisseurs se multiplient. Ainsi, le fournisseur de services de télécommunications Sparkle souhaite implanter son hub IP dans le Centre de données de Djibouti en vue de son expansion en Afrique de l’Est et en Afrique du Sud. « Cette décision permettra à Sparkle de renforcer les performances de son service de transit IP mondial de niveau 1, Seabone, en fournissant une connectivité économique, de haute qualité et sécurisée aux OTT, FAI, fournisseurs de contenu et d’applications locaux et internationaux. » 

En plus de Seabone, les clients peuvent bénéficier du service Ethernet Suite de Sparkle pour connecter différents environnements de données internationaux avec une flexibilité et une transparence maximale. De même, le fournisseur mondial de solutions réseau de gros, IX Reach, a également ouvert un point de présence au DDC, lequel doit lui permettre de fournir ses services de connectivité Cloud SDN (Software-Defined Network), de peering à distance et de services Ethernet en Afrique.

Une future source de revenus

« Ce nouveau partenariat avec DDC est essentiel pour poursuivre notre vision qui est de créer un seul point d’interconnexion sur le réseau IX Reach pour notre portefeuille complet de solutions, y compris la connectivité Cloud », souligne Simon Vye, le PDG d’IX Reach. En somme, DDC est un carrefour de connectivité pour IX Reach. Annonçant le développement de nouveaux segments de marché comme l’Internet des objets ou l’Intelligence artificielle.

 « Le numérique sera essentiel à l’amélioration des conditions de vie des Djiboutiens, à l’expansion de notre économie, et au renforcement de notre position de pôle logistique et commercial pour la région », considère Abdi Youssouf Sougueh, ministre de la Communication. « En tant que point d’arrivée des câbles sous-marins internationaux, Djibouti dispose à l’évidence d’atouts majeurs pour devenir un acteur-clé du numérique dans la région. » Hier, Djibouti était une terre de rencontres pour les échanges entre hommes et des biens matériels ; « demain, le pays sera une terre de rencontres et d’échanges pour les biens numériques. Tel est notre challenge », soulignait Ismaïl Omar Guelleh. De là à concrétiser le rêve du chef de l’État, de voir l’activité tech assurer plus de revenus que les ports, il n’y a qu’un lien…

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