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Les start-up africaines lèvent 2 milliards de dollars en 2019

Le rapport 2020 du fonds Partech Africa sur le financement des start-up africaines confirme l’attractivité des entrepreneurs du continent et leur capacité à placer l’Afrique en bonne place, en matière de création d’entreprises innovantes.

Par Laurent Soucaille

Les deux associés de Partech Africa, Cyril Collon et Tidjane Dème, réitèrent leur enthousiasme pour le continent : après un doublement en 2018, les levées de fonds propres ont progressé de 74% en 2019, à 2,02 milliards de dollars (1 201 milliards de F.CFA) contre 1,163 milliard $ (691,7 milliards de F.CFA) un an plus tôt (+108%).

Les capital-risqueurs acceptent des tickets d’entrée plus petits qu’auparavant dans l’espace des nouvelles technologies, se mettant ainsi en quête d’opportunités intéressantes.

Le rapport, qui est le quatrième produit par l’équipe, se fonde sur la même méthodologie que les années précédentes : il couvre les levées de fonds en equity du secteur technologique et numérique, qui sont supérieures à 200 000 $ et inférieures à 100 millions $ (119 millions à 59,5 milliards de F.CFA). Les levées concernées peuvent être publiques ou non et le rapport se concentre sur des start-up africaines, c’est-à-dire des entreprises ayant leur marché primaire en Afrique, tant en matière d’opérations et que de revenu.

En 2019, 234 start-up africaines ont donc levé 2,02 milliards $ en 250 opérations. En 2018, le rapport avait dénombré 164 opérations, après des progressions de 33% en 2016 et 53% en 2017. « Lorsque nous avons démarré notre aventure pour créer le fonds Partech Africa en 2015, nous avions anticipé que la barre du milliard de dollars ne serait franchie qu’en 2020… », sourit Cyril Collon.

Une démarche cohérente et récurrente

Une fois encore, le rapport souligne le nombre remarquable de levées de fonds de start-up dites de « séries A » (entreprises à l’offre bien déterminée mais à la rentabilité encore imprécise, qui ont besoin de consolider leurs marchés et leur clientèle) et « de série B » (entreprises qui commencent à avoir une bonne idée de leur rentabilité future mais qui doivent accroître leur clientèle, par exemple à l’international).

Ces deux catégories représentent 104 levées (contre 70 en 2018). Le nombre de levées de catégorie « Growth » (tours de table les plus importants) qui avait doublé en 2018 (14 opérations), atteint l’an dernier 19 opérations, totalisant 912 millions $ (+12%, 542 milliards de F.CFA).

En ce qui concerne les investisseurs, les acteurs du private equity et de grandes entreprises mondiales rejoignent la chaîne du financement plus tôt, investissant des tickets d’amorçage puis de « Growth » dans des start-up technologiques africaines.

Cette tendance montre que les investisseurs veulent accompagner très tôt les jeunes pousses prometteuses en Afrique : « C’est une excellente nouvelle. Les investisseurs se disent qu’aujourd’hui, il y a des opportunités fortes à se positionner très tôt sur ce type de sociétés où la lecture est parfois encore difficile et où la monétisation commence à peine, et c’est très positif », se réjouit Cyril Collon.

« On constate aujourd’hui, non plus de manière anecdotique, mais de façon récurrente et cohérente, un nombre important de deals majeurs qui structurent la tech africaine et ont un impact transformatif sur l’économie. »

Le Sénégal domine en Afrique francophone

Mené les années précédentes par le trio Nigeria, Kenya, Afrique du Sud (78% des investissements en 2018), le classement est désormais dominé par un quatuor qui représente 85% du total. En effet, le bond de l’Égypte en 2019 (+147% en nombre d’opérations et +215% en montants) place le pays à la troisième place. Les start-up technologiques ont levé pas moins de 211 millions $, contre 747 millions $ au Nigeria, 564 millions $ au Kenya et 205 millions $ en Afrique du Sud.

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