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NTIC

Nouvelles technologies : Un pays connecté

La contribution du numérique représente près de 5 % du PIB, le taux de pénétration de l’internet atteint 75 % et le développement de la fibre optique, disponible via Gabon Telecom et Canal+, est en passe de reconfigurer les échanges régionaux.

Par Marie-France Réveillard

Le Gabon peut désormais s’appuyer sur son Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) pour s’imposer comme un « Tech-Hub » régional… Selon le dernier classement de l’Indice de développement des TIC, le Gabon se classe en tête des pays connectés en Afrique centrale, devant le Cameroun, la Guinée équatoriale, la RD Congo, le Tchad et la Centrafrique.

À l’horizon 2020, le CAB devrait raccorder le Gabon au Cameroun et à la Guinée équatoriale d’une part et le Congo au Cameroun et à la Centrafrique d’autre part, faisant de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, plaçant bien le Gabon dans une position de « hub ». 

Il est vrai que depuis le début des années 2010, le pays ne ménage pas ses efforts pour asseoir sa transition numérique, comme en témoignent la création de l’ANINF, l’organisation annuelle d’un salon international de l’économie numérique et de l’innovation (SENIG) depuis 2015, et les projets de création d’incubateurs numériques.

L’ANINF, bras opérationnel de la politique numérique

Le pays est l’un des rares au niveau régional à proposer la 4G à ses internautes et 94 % des accès à l’internet se réalisent via la téléphonie mobile. L’économie numérique figure d’ailleurs en bonne place du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) au chapitre « Gabon numérique ». Près de 110 millions de dollars ont été investis dans les infrastructures numériques. L’État a également lancé un ambitieux programme de construction pour atteindre 2 000 villages numériques d’ici à 2025 en partenariat avec le coréen Samsung.

Parallèlement, le Gabon, appuyé par la Banque mondiale, vient de lancer le projet « eGabon », dédié au développement de l’e-commerce et de l’e-santé, pour un budget de 56 millions de dollars, dans le cadre du dispositif CAB4 qui devrait permettre au Gabon d’élargir sa couverture en haut débit tout en réduisant les coûts des services de communication. Afin d’accompagner sa révolution numérique, le pays pourra également s’appuyer sur GT-Lab, le premier incubateur gabonais.

Créée en 2011, l’ANINF a investi quelque 63 milliards de F.CFA (96 millions d’euros) pour déployer la stratégie nationale numérique. L’Agence est en charge du développement des infrastructures numériques, de la gestion des fréquences et de la dématérialisation des services administratifs dans le cadre du projet d’e-Gouvernement.

Le pays a gagné dix places en un an, se positionnant à la sixième place des pays africains les plus connectés au classement de l’Indice de développement des technologies de l’information et de la communication (ICT 2017), publié par l’Union internationale des télécommunications des Nations unies. Cette progression est le résultat de la stratégie « Gabon numérique », lancée dès 2012.

Engagée dans le projet de fibre optique Central African Backbone (CAB), l’ANINF intervient également dans la mise en place d’infrastructures régionales dédiées au secteur public à travers le Réseau de l’administration gabonaise (RAG).

Parallèlement, la création de l’agence de l’autorité de certification nationale du pays en 2013, appelée « Infrastructure de gestion des clés publiques » (IGCP) ou encore « Public key infrastructure » (PKI) délivre désormais des certificats dématérialisés pour sécuriser la fabrication des passeports.

Ces réalisations se sont accompagnées d’un renforcement des compétences à travers des formations spécifiques : certification ISO 9001, ingénierie numérique, sécurisation des systèmes d’information et gestion des fréquences. Près de 560 jeunes ont également été formés aux métiers relatifs au déploiement de la fibre optique… À ce jour, les formations ont coûté près de 3,15 milliards de F.CFA (4,8 millions d’euros).

Né en 2007 à l’occasion du sommet des chefs d’État de N’Ndjamena, le projet Central African Backbone (CAB) de déploiement de la fibre optique sous-régionale est désormais effectif. L’objectif repose sur l’augmentation des capacités de liaison numérique entre les pays de la Cemac. Un projet titanesque qui accompagne la transition numérique régionale : CAB 1 traverse le Cameroun, le Tchad et la Centrafrique, CAB 2 Sao-Tome et Principe, CAB 3 le Congo, CAB 4 le Gabon et CAB 5 la RD Congo.

Le Central African Backbone ou l’intégration régionale numérique

Le projet fibre optique Backbone national gabonais (BNG) traverse cinq provinces gabonaises de l’Estuaire au Haut-Ogooué en passant par le Moyen-Ogooué, l’Ogooué- Ivindo et l’Ogooué-Lolo, désormais reliés à la capitale par des connexions haut débit.

Le 6 mars, le Gabon et le Congo ont lancé l’interconnexion de leurs réseaux terrestres en fibre optique, à Bakoumba dans le Haut- Ogooué, un projet financé qui met un terme à la première phase du projet de dorsale à fibre optique au coeur de l’Afrique centrale. Le réseau en fibre optique gabonais s’étend sur 1 100 km tandis que celui du Congo atteint près de 500 km.

Cette intégration régionale numérique devrait favoriser la diversification économique engagée par le pays, mais aussi la création d’emplois, tout en réduisant la fracture numérique. « La Banque mondiale est fière d’avoir contribué au financement de ce projet déterminant », s’est félicitée Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun, le Gabon, l’Angola, la Guinée équatoriale et Sao Tomé & Principe et responsable du Programme d’intégration régionale de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale, en avril.

Lancé en 2011 au Congo, le budget consacré au CAB s’élève à 125 millions de dollars dont 20 millions financés par la Banque mondiale. En 2012, la mise en oeuvre du CAB au Gabon a coûté 109 millions de dollars dont 58 millions ont été financés par la Banque mondiale, le reste étant pris en charge par les États et par la BAD.

À l’horizon 2020, le CAB devrait raccorder le Gabon au Cameroun et à la Guinée équatoriale d’une part et le Congo au Cameroun et à la Centrafrique d’autre part, faisant de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, plaçant bien le Gabon dans une position de « hub ». 

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Written by African Business

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