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Jean-Pierre Fabre, l’opposant*

Désigné comme candidat de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) à la présidentielle de 2015, Jean-Pierre Fabre, le président du plus grand parti d’opposition au Togo, peine à faire l’union sacrée.

Le teint clair et la moustache élégante, Jean-Pierre Fabre, 62 ans, a rompu les amarres d’éternel second lors de l’élection présidentielle du 4 mars 2010 au Togo. Bloqué à Washington, son mentor, Gilchrist Olympio, n’avait pu remplir les formalités à temps pour être candidat.

C’est donc lui, en tant que secrétaire général de l’Union des forces de changement (UFC), une fédération de huit partis politiques, créée en 1992 à son initiative, qui a été désigné. Le 10 février 2010, à la suite d’une rencontre à Paris entre différentes personnalités de plu- sieurs partis de l’opposition (ADDI, Alliance, PSR, Sursaut-Togo et UFC), un Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) avait été formé en vue d’une candidature unique de l’opposition.

C’est Jean-Pierre Fabre qui est désigné candidat du FRAC, Kofi Yamgnane devient le porte-parole général chargé de l’élaboration du programme commun de gouvernement, et Patrick Lawson le directeur de campagne.

« L’heure a sonné de mettre fin à ce régime. Nous devons conti­nuer de nous battre sans répit pour obtenir les réformes politiques en vue d’une élection transparente et crédible », a déclaré Jean- Pierre Fabre, toujours aussi déterminé à atteindre le sommet.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) déclara Faure Gnassingbé vainqueur avec 60,92 % des voix. De nombreux doutes furent émis sur la fiabilité des résultats après, notamment, « la mise en panne du système de transmission des résultats par satellite ». Jean-Pierre Fabre contesta les résultats, organisant chaque samedi des manifestations pour réclamer sa « victoire volée».

Né dans une famille de neuf enfants, Jean-Pierre Fabre est « un authentique fils du Togo », descendant de l’un des premiers commerçants français installé sur les côtes togolaises, en 1870.

Après des études primaires et secondaires à Lomé, il part à l’université en France. Il obtient une maîtrise en Sciences économiques, puis se spécialise en Administration des entreprises à l’université des Sciences et technologies de Lille.

De retour au Togo en 1979, il enseigne à l’université de Lomé, donnant des cours de statistiques, de finance et de sciences économiques. Il rejoint, ensuite, un important groupe d’études en architecture et urbanisme dont il occupe le poste de secrétaire général, de 1981 à 1991.

Militant de la première heure des droits de l’homme et de la liberté d’expression, il devint directeur des publications de l’un des premiers journaux libres du Togo, à l’aube des années 1990, marquées par différents mouvements de lutte sociale. Il s’engage également dans la presse d’opinion comme rédacteur en chef de deux revues hebdomadaires, La Tribune des démocrates et Le Temps des démocrates.

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