Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Nos archives parlent...

Qui sont les opposants ?*

Francis Laloupo reconnaît : « Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, comme on le voit au Togo, au Bénin et même au Gabon, et on peut s’opposer de l’intérieur. » De son côté, Jérôme Carlos explique qu’au tournant des années 1990, « tout le monde, en Afrique, a signé un pacte avec la démocratie ». Dans ce contexte, « tout le monde se targuait d’être démocrate. Exac-tement comme dans les années 1960. Avec les indépendances, tout le monde s’était cru libre. Ainsi, dans les nouvelles démocraties qui fl eurissent partout, en Afrique, si, en principe, il n’est interdit à personne de créer un parti, de se poser en alternative au pou- voir, il en va tout autrement dans les faits ». La carotte (le bonbon) « généreuse-ment offerte à tous ceux qui sont prêts à troquer leur maillot d’opposants contre le complet veston du mouvancier » est deve- nue une pratique largement répandue. Surtout après l’instauration du multi-partisme, en Côte d’Ivoire, rongée de l’intérieur par l’idéologie de « l’Ivoirité » véhiculée par certains politiciens…

Ce que l’on fustige, au Sénégal comme étant de « la transhumance » politique n’est, toutefois, pas l’apanage du continent. Pas plus que ne l’est l’emprisonnement des opposants, « cette arme redoutable du pouvoir pour briser l’opposition et la fi xer quelque part. L’opposant qui atterrit en prison est coupé de ses bases arrière. Il est à la merci du pouvoir et dans l’espace clos de la prison, loin de tout regard, son destin est assez proche de celui du mouton du sacri-fi ce. On en fait ce que l’on veut », affi rme Jérôme Carlos. Tous les régimes autori-taires ont créé des goulags et l’Afrique postcoloniale n’y a pas dérogé. [la suite dans la version papier]

*ARTICLE PARU LE 31 OCTOBRE 2014 DANS LE MAGAZINE DE L’AFRIQUE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

  • Libye : L’ONU prise à son propre piège

    La communauté internationale pousse à des élections pour rebattre les cartes et stabiliser la Libye. Mais les principaux gagnants de cette stratégie, Saïf el-Islam, Khalifa Haftar, monarchistes, sont justement les plus farouches opposants au plan de l’ONU.

  • Chinguetti sur la route du savoir

    19 mars 2015 –  19 mars 2019. Il y a quatre ans, jour pour jour, le Magazine de l’Afrique publiait cet article. Quatre ans après cet article est re-publié dans le cadre de notre rubrique « Nos archives parlent ». Entre temps, Vatma Vall Mint Soueinia est devenue ministre de l’Elevage. 

  • Jean-Pierre Fabre, l’opposant*

    Rupture avec Gilchrist Olympio En 1991, il est choisi comme porte-parole de la Conférence nationale souveraine (CNS) avant de devenir le numéro 2 de l’UFC, …