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Nos archives parlent...

Qui sont les opposants ?*

En plus du retour des opposants historiques et du combat de l’intérieur que continuent de mener ceux qui militent dans leur pays, de nouvelles formes de résistance civique et d’oppositions apparaissent.

Longtemps à la source des violences politiques d’après les indépendances, le parti unique, officiellement, est mort dans la plupart des pays subsahariens. Mais son ombre n’en continue pas moins de hanter l’arène politique. Toutes velléités d’opposition se trouvent ainsi découragées ou… matées !

Pour Jérôme Carlos, directeur des Musées, bibliothèques et archives nationales de Cotonou, et consultant auprès de l’Institut culturel africain de Dakar, la manie de faire taire les opposants ne s’est pas arrêtée avec la fi n de la période coloniale, mais a perduré bien au-delà : « Faites un tour d’Afrique : de Niamey à Harare, de N’Djamena à Tunis, de Kinshasa à Luanda, par- tout où vous posez votre valise, fonctionne, avec une redoutable efficacité, la machine à casser ou à caser de l’opposant. Il s’agit de faire douter celui-ci, de l’ébranler au plus profond de lui-même, pour qu’il s’aplatisse comme une crêpe. Pour ce faire, la machine propose quatre réponses : bonbon, bâillon, prison et morgue ! »

« Partout où vous posez votre valise, fonctionne, avec une redoutable effi cacité, la machine à casser ou à caser de l’opposant. Il s’agit de faire douter celui-ci, de l’ébranler au plus profond de lui-même, pour qu’il s’aplatisse comme une crêpe. »

Historien de formation, devenu rédacteur en chef d’Ivoire Dimanche de 1982 à 1990, puis de La Presse jusqu’en 1993 et de La Lettre d’Afrique à partir de 1994, Jérôme Carlos est le directeur général du Centre africain de la pen-sée positive (CAPP) et directeur de la radio privée commerciale CAPP FM.

Il a choisi de retourner vivre à Cotonou après avoir reçu, en 1989, le Grand prix de littérature ID de Côte d’Ivoire pour Les enfants de Mandela. Son compatriote, Francis Laloupo, auteur de Françafrique, la rupture main- tenant ? témoigne, lui aussi, combien il était téméraire, voire suicidaire, de se déclarer opposant en Afrique jusqu’à récemment. Il l’a d’ailleurs expérimenté à ses dépens, puisqu’il a dû s’exiler en France, dans les années 1980, à l’ins-tar de nombre d’intellectuels béninois ou camerounais qui n’étaient pas d’ac-cord avec le régime. « Fut un temps, je m’abstenais d’écrire “profession journa-liste” sur mon passeport pour voyager en Afrique, afi n d’éviter les tracasseries, voire les arrestations arbitraires ; “commer-çant”, cela passait beaucoup mieux ! », se souvient-il.

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