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Les mirages de l’économie islamique*

Une dizaine de jours auparavant, au cours de sa première visite officielle en Arabie saoudite, le chef du gouvernement tunisien avait appelé les hommes d’affaires saoudiens à venir investir en Tunisie, en leur annonçant que le visa d’entrée dans le pays serait annulé en ce qui les concerne. Il leur a aussi promis de mettre en place rapidement un cadre réglementaire pour régir « l’économie islamique » de manière à tirer profit des ressources disponibles dans les banques du royaume wahhabite, plus à l’aise pour accorder des financements conformes aux normes de la finance charia compatible.

Ce regain d’intérêt des autorités tunisiennes pour la finance islamique s’explique par deux facteurs. D’abord l’orientation idéologique d’Ennahdha, le parti islamiste qui domine l’Assemblée nationale constituante et le gouvernement provisoire, et ses affinités politiques avec les États du Golfe. On sait que les dirigeants d’Ennahdha ont toujours maintenu de bonnes relations avec le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

Sur un autre plan, les difficultés actuelles de la Tunisie et la crise qui sévit dans l’Union européenne, espace économique avec lequel le pays réalisait jusque-là 80 % de ses échanges, semblent avoir incité les responsables tunisiens à s’adresser aux monarchies du Golfe. Cependant, cet intérêt pour le développement de la finance islamique, présentée comme la panacée par l’actuel gouvernement, continue à diviser l’opinion publique.

Des parts de marché à prendre

Les adeptes de cette option soutiennent que la finance islamique n’est pas nouvelle en Tunisie. La fondation de Beit Ettamouil Saoudi Tounsi (Best Bank, devenue Al Baraka Bank), remonte en effet à 1983. L’établissement offshore a été créé par le magnat des affaires saoudien Cheikh Salah Abdallah Kamel qui préside le Dallah Al Baraka Group. Vers la mi-février, il a effectué une visite de six jours à Tunis pour étudier de nouvelles opportunités d’investissements. N’est-ce pas lui qui a eu l’idée d’assainir et de réaménager les berges du lac de Tunis, devenues un quartier d’affaires huppé ?
Deux autres établissements de finance islamique ont vu le jour par la suite dans le pays. Nour Bank, banque émiratie qui a inauguré ses bureaux en 2008, mais tarde encore à lancer des activités, et Zitouna, une banque de détail destinée au marché national, créée en mai 2010 par Sakher El-Materi, gendre de l’ex-président. Les actifs de Zitouna Bank ayant été repris par l’État après la fuite de son fondateur, la banque poursuit ses activités après avoir changé de management. Elle s’est spécialisée dans l’immobilier, les équipements et la logistique.

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