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Les mirages de l’économie islamique*

L’Europe étant en crise, la Tunisie se tourne vers les pays du Golfe avec l’espoir de drainer les investissements nécessaires à de l’économie. Les dirigeants islamistes semblent convaincus de l’utilité de cette option, mais une partie de l’opinion reste sceptique. Car le risque est grand de voir les pétromonarchies imposer, en contrepartie de leurs apports financiers, un modèle de société rigoriste, diamétralement opposé à la culture et au mode de vie des Tunisiens.

Au cours des cinq prochaines années, la Tunisie aura besoin de 35 à 45 milliards $ de fonds étrangers pour financer ses projets de développement. Particulièrement dans les régions intérieures exclues des grandes dynamiques économiques du pays, et où le taux de chômage dépasse souvent 40 %.

« Les banques islamiques et, à leur tête, la Banque islamique de développement (BID), peuvent fournir une partie de ces financements». La phrase était adressée à Ahmed Mohamed Ali, président de cet établissement.

Le chef du gouvernement, Hamadi Jebali, qui a fait cette annonce le 27 février, à l’ouverture du 1er séminaire national sur l’économie islamique, a ajouté : « Les banques islamiques et, à leur tête, la Banque islamique de développement (BID), peuvent fournir une partie de ces financements». La phrase était adressée à Ahmed Mohamed Ali, président de cet établissement, présent dans la salle.

L’appel aux émirs du Golfe

Le second, d’une valeur de 50 millions $ (avec un taux d’intérêts de 3 % remboursable sur quinze ans) servira à financer un programme de microcrédit estampillé islamique, au profit des diplômés du supérieur et des artisans.

Le même jour, la Tunisie et la BID ont signé deux accords de financement d’une valeur totale de 84 millions $. Le premier, d’un montant de 34 millions $ (avec un taux d’intérêts de 2,5 %, remboursable sur vingt ans), concerne un projet de développement agricole intégré dans la région du Nord-Ouest. Le second, d’une valeur de 50 millions $ (avec un taux d’intérêts de 3 % remboursable sur quinze ans) servira à financer un programme de microcrédit estampillé islamique, au profit des diplômés du supérieur et des artisans. Depuis la création de la BID en 1975, la Tunisie, qui en est membre fondateur, a financé plusieurs projets de développement dans les secteurs de l’énergie, de la distribution de l’eau, de l’assainissement, de l’éducation, de la santé et de l’assurance à l’exportation, à hauteur de 3,13 milliards $. Au cours de ses discussions avec les responsables tunisiens, le président de la BID a exprimé la volonté de son groupe d’aider la Tunisie à développer la finance islamique, qui a un fort potentiel de croissance (+15 % à +20 % par an) et à impulser la coopération entre la Tunisie et les pays qui ont une grande expérience dans ce domaine, comme la Malaisie et les pays du Golfe.

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