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Afrique : Nouvelle voie et nouvel opposant*

L’Afrique cherche, sans nul doute, une nouvelle voie démocratique. Si les progrès politiques sont aussi l’intérêt d’une économie désormais mondialisée qui a besoin de stabilité, ils sont impératifs pour ancrer la jeunesse à son continent.

Les démocraties avec un libre jeu électoral et une rotation des gouvernants ont longtemps été l’exception. Dès lors, on peut s’interroger : la démocratisation n’est-elle qu’un sous- produit de la mondialisation ?

L’Afrique bouge, tel est le leitmotiv qui tourne en boucle dans les cénacles et dans la presse. On évoque tout d’abord le proche décollage économique du continent, doté de richesses encore inexploitées : l’Afrique, continent du XXIe siècle, érigée en terre du salut… Mais la mise en valeur de ce potentiel butte sur un certain nombre de blocages : manque d’infrastructures, d’éducation et de santé, bien sûr. Et ces obstacles renvoient à ce qu’il est désormais convenu d’appeler la gouvernance.

Les démocraties avec un libre jeu électoral et une rotation des gouvernants ont longtemps été l’exception. Dès lors, on peut s’interroger : la démocratisation n’est-elle qu’un sous- produit de la mondialisation ?

Les gouvernants installés et protégés par les ex-puissances coloniales comme ceux issus des mouvements de libération ont longtemps été soit inamovibles, soit contestés sur une base idéologique au temps de la guerre froide, et ethnique ou régionale depuis lors.

Les démocraties avec un libre jeu électoral et une rotation des gouvernants ont longtemps été l’exception. Dès lors, on peut s’interroger : la démocratisation n’est-elle qu’un sous- produit de la mondialisation ?

Les institutions financières internationales qui ont repris le flambeau des métropoles coloniales et représentent les intérêts globaux du capitalisme financier, ont pris conscience de la nécessité de procéder à la constitution de véritables États de droit sur le continent africain : il ne s’agit plus seulement d’équiper l’Afrique, mais de garantir la sécurité juridique des investissements et la stabilité sociale, grâce à des gouvernements représentatifs.

L’urbanisation mas­sive du continent a permis le dévelop­pement d’une nouvelle culture urbaine, libérée des hiérarchies et des cadres culturels et moraux du village

Les len­demains radieux promis à l’Afrique par les institutions internationales passent par une démocratisation formelle, dont l’essor est encadré par des instruments maniant la carotte et le bâton : condi­tionnalité de l’aide, contrôle des processus électoraux, pressions pour que le renouvellement des fonctions dirigeantes soit assuré et les promesses de retrait de la vie publique, selon les règles constitu­tionnelles, respectées.

Cela signifie que la mondialisation économique doit s’accompagner aux yeux des bailleurs de fonds et autres investisseurs internationaux d’un frein à la concussion, au tribalisme, au népo­tisme et à toutes les formes d’exercice du pouvoir qui provoquent des déséquilibres économiques et sociaux, voire environne­mentaux, dangereux pour les investisseurs et plus généralement pour les générations futures, ce à l’échelle planétaire.

Parallèlement, l’urbanisation mas­sive du continent a permis le dévelop­pement d’une nouvelle culture urbaine, libérée des hiérarchies et des cadres culturels et moraux du village ou de la « brousse ».

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