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Mines

Togo : Le phosphate peine à retrouver sa place

La firme israélienne doit aussi faire face à une concurrence continentale de plus en plus rude. Le marocain OCP, leader mondial, a doublé ces dix dernières années sa production d’engrais phosphaté, afin de satisfaire notamment la demande venue de Chine et d’Inde, jusque-là principaux partenaires du Togo pour les fertilisants.

Nouvelle stratégie

Les concurrents s’organisent, comme GTC (Groupe chimique tunisien). De son côté, par exemple, l’Algérie a lancé un plan décennal de revalorisation de son phosphate. Voilà qui amenuise l’ambition du Togo de prendre le peloton de tête des exportations de fertilisants en Afrique occidentale, à l’horizon 2020.

Dès son arrivée au Togo, l’homme d’affaires Jacob Engel, patron d’Elenilto, voulait orienter la production vers la forme carbonatée du produit. Il considère que le phosphate pur des années 1970 et 1980 est presqu’à l’épuisement.

De longues années d’exploitation ont allongé les tunnels d’accès et limité la capacité des engins désuets encore en usage. À l’inverse, compte tenu des grands programmes agricoles qui se multiplient sur le continent, les besoins en fertilisants ont quadruplé depuis 2000, créant pour le phosphate de nouvelles opportunités.

Enfin, parce qu’avec un renouvellement partiel du matériel, le nouveau concessionnaire peut rentabiliser rapidement son affaire. Wengfu, géant chinois du phosphate, qui est son partenaire technique, dispose d’énormes débouchés d’engrais en Asie de l’Est (Chine et Inde), en Afrique et en Amérique latine. Ce qui justifie cette nouvelle orientation.

Elle facilite aussi un renforcement de l’activité qui permettrait de faire face aux exigences des salariés. Et d’honorer les taxes imposées sur l’exploitation par les collectivités locales, qui avoisinent annuellement les 500 millions de F.CFA (760 000 euros).

Par mesure de prudence, le gouvernement a ouvert de nouvelles négociations avec Elenilto pour reprendre le contrôle d’une partie des gisements et l’attribuer à un exploitant local, notamment TFC.

En attendant, l’État togolais ne pourra pas compter sur le phosphate pour l’exécution de son ambitieux Plan national de développement, feuille de route de Komi Klassou qui a été reconduit, mi-janvier, à la tête du gouvernement.

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