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Littérature

Les auteurs africains à l’honneur

Le prix des Cinq continents 2020 a désigné les dix ouvrages finalistes, parmi lesquels plusieurs auteurs africains francophones. L’heure est aux récits graves, qui ouvrent sur des perspectives nouvelles.

Par Paule Fax

Créé en 2001 par l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), le prix des Cinq continents récompense chaque année un texte de fiction narratif (roman, récit, recueil de nouvelles) original d’expression française. Pour cette 19e édition, 132 œuvres ont été transmises par les éditeurs de l’espace francophone.

De l’avis des comités, « dans la sélection 2020, ressortent les thématiques du vécu migratoire, des récits marqués par un retour sur des passés occultés et du travail de la mémoire qui déterminent les identités ». Les comités constatent la prépondérance de textes signés par des écrivaines et la présence de plusieurs premiers romans. Réunis le 1er octobre 2020 en visioconférence, les représentants des cinq comités de lecture ont sélectionné dix ouvrages finalistes représentant huit pays :

C’est beau la guerre de Youssouf Amine Elalamy (Maroc) aux éditions Le Fennec.

Dans ce roman, Youssouf Alamine Elalamy narre le destin d’un jeune comédien qui embarque sur un bateau de fortune pour fuir son pays en guerre. Il s’aperçoit très vite que toutes les femmes qu’il croise ont perdu un proche pendant le conflit. Il décide d’utiliser son art pour réparer l’âme et le cœur de ces migrants. Et fait revivre ainsi leurs disparus pour mieux tenter de les accompagner durant leur travail de deuil.

Les Jours viennent et passent de Hemley Boum (Cameroun-France) aux éditions Gallimard.

À travers une galerie de portraits de mères et de leurs enfants qui luttent pour leur survie dans une société patriarcale en déliquescence, Hemley Boum mêle la petite et la grande histoire. Le roman de ces trois générations est celui du Cameroun, de la fin de la colonisation à la menace Boko Haram.

Nafarde Mathilde Chapuis (France) aux éditions Liana Levi.

Otages, de Nina Bouraoui (Algérie-France) aux éditions Lattès.

Avec l’écriture ciselée qu’on lui connaît, Nina Bouraoui raconte la révolte de Sylvie Meyer, cadre de 53 ans. « Otage » d’une vie sous la domination de la fatalité, du monde du travail oppressant, elle va laisser gronder en elle une révolte sourde, avant de passer à l’acte. Otages est l’adaptation d’une pièce de théâtre.

Voici un roman qui conte une histoire méconnue, celle des îles Chagos, un archipel rattaché à l’île Maurice mais qui reste, encore aujourd’hui, sous domination britannique. En 1967, Marie-Pierre Ladouceur, fait la connaissance de Gabriel, un Mauricien venu seconder l’administrateur colonial. Après 158 ans de domination britannique, Maurice accède à l’indépendance. Peu à peu, le quotidien de l’archipel bascule et la nuit s’avance, les habitants sont contraints de fuir. Après le déchirement viendra la colère, et avec elle la révolte.

Rouge impératrice de Léonora Miano (Cameroun-France) aux éditions Grasset & Fasquelle.

Nous sommes au XXIIe siècle, l’Afrique est devenu Katiopa, un continent presque unifié, prospère et autarcique, où viennent se réfugier des Européens. Une histoire d’amour interdite, la préservation d’une identité oubliée, un régime politique autoritaire, des populations qui cherchent du soutien. Léonora Miano propose un roman d’anticipation qui résonne avec notre époque.

Tous tes enfants dispersés de Beata Umubyeyi Mairesse (Rwanda-France) aux éditions Autrement.

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