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Littérature

Afriques, Panafrique, Des racines à l’arbre : Des discours historiques

Réunissant 55 discours de dirigeants africains et étrangers, cet ouvrage offre un panorama complet des problématiques majeures qui sous-tendent l’histoire du continent de 1944 à nos jours.

Par Guillaume Weill-Raynal

On aurait tort de ne voir dans ce très gros livre de 1 039 pages qu’une sorte de catalogue destiné à rendre hommage à des discours qui furent tous prononcés dans des circonstances très officielles. Si Afriques, Panafrique, Des racines à l’arbre, réunit pour la première fois les discours importants des acteurs majeurs de l’histoire du continent, l’ouvrage ne se limite pas à une simple compilation.

Un regard approfondi sur le passé du continent, pour mieux mesurer, ainsi que l’écrit l’ancienne directrice générale de l’Unesco Irina Bokova qui préface l’ouvrage « combien l’Afrique, terre d’origine de l’humanité, porte les réponses de notre avenir ». 

En effet, chaque discours est accompagné d’une fiche de synthèse rappelant le contexte historique dans lequel il fut prononcé, à quoi viennent s’ajouter les commentaires de 127 personnalités (ministres, diplomates, militaires, chercheurs, intellectuels, entrepreneurs, artistes…) destinés à analyser les enjeux essentiels sous-jacents à ces discours ainsi qu’à mieux faire comprendre comment ces enjeux ont évolué au fi l des années.

Le lecteur pourra ainsi retrouver la substance même des paroles prononcées par le général de Gaulle en 1944 à la conférence de Brazzaville (où fut décidée l’abolition du Code de l’indigénat) sur l’avenir du continent et de ses rap-ports avec la France. Celui qui n’était encore que le chef de la France libre réfutait vigoureusement, alors même que la Seconde Guerre mondiale n’était pas terminée, l’idée que d’autres sujets plus urgents auraient mérité d’être traités en priorité.

De Gaulle cherchait alors à contrer les velléités de ses alliés anglo-saxons de s’ériger en chefs d’orchestre de la future décolonisation et de s’en approprier les fruits, ainsi que l’explique finement le professeur d’Histoire, Jacques Legendre. Suivent le discours de Nasser sur la nationalisation du Canal de Suez (1956), accompagné du commentaire du politologue Antoine Sfeir (décédé le 1er octobre 2018), le fameux discours du « Non à de Gaulle » du président guinéen Sékou Touré (1958), ceux de Senghor en 1963 à l’occasion de la naissance de l’Organisation de l’Unité africaine, ou du président ghanéen Kwame Nkrumah en 1963, tous consacrés aux problématiques liées à la décolonisation de l’Afrique.

Plus près de nous, le lecteur pourra aussi mieux comprendre les enjeux des discours prononcés en 1987 par le président burkinabè Thomas Sankara sur la dette africaine, de Donald Kaberuka, alors président de la Banque africaine de développement, sur la croissance africaine et son lien avec les matières premières, du président sénégalais Abou Diouf sur la Francophonie… mais aussi, les discours prononcés en diverses circonstances par Jacques Chirac, Barak Obama, Desmond Tutu, Nelson Mandela, Mouammar Kadhafi, Alpha Condé, Ibrahim Boubacar Keïta, Joseph Kabila, Alassane Ouattara, etc.

Un regard approfondi sur le passé du continent, pour mieux mesurer, ainsi que l’écrit l’ancienne directrice générale de l’Unesco Irina Bokova qui préface l’ouvrage « combien l’Afrique, terre d’origine de l’humanité, porte les réponses de notre avenir ». 

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