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Afrique : Nouvelle voie et nouvel opposant*

Les villes rassemblent déjà 40 % de la population africaine, et les capitales d’antan se muent en de vastes métropoles dont les banlieues sponta­nées échappent au contrôle de l’État.

Face à l’immobilisme et au désintérêt des gouvernants, la jeunesse n’imagine de salut que dans l’exode vers d’autres continents

La jeunesse désoeuvrée et sans avenir s’y organise en bandes, au service de patrons qui instaurent un pouvoir de fait et peuvent, si l’occasion se présente, ambitionner de s’emparer de l’État. Mais ces aventuriers mafieux, entre gangstérisme, rackets et trafics, qu’ils cherchent à passer du niveau du quartier à celui de la ville, ou qu’ils se louent à des politiciens en quête de nervis, échouent généralement dans leurs ambitions : ils n’ont pas les capacités de gérer un pays et ne satisfont pas aux normes interna­tionales. C’est ainsi que Charles Taylor ou Charles Blé Goudé se retrouvent aux prises avec la Justice internationale.

La jeunesse, avenir du monde… et de l’Afrique ? Face à l’immobilisme et au désintérêt des gouvernants, elle n’imagine de salut que dans l’exode vers d’autres continents. Désormais irri­guée par les réseaux de l’information et de la communication, elle est devenue consciente des tares des systèmes poli­tiques en place.

Les nouvelles technolo­gies véhiculent de nouveaux concepts de citoyenneté et de responsabilité des diri­geants à l’égard de leurs mandants, mais aussi de nouveaux messages dévoyant les préceptes divins et appelant au chaos pour faire advenir un monde et un ordre nouveaux.

Des « New leaders of Africa » aux « démocrates mondialisés » 

Des shebabs de Somalie à la Lord Resistance Army, de Boko Haram aux Kamajors de Sierra Leone, l’Afrique est aux prises avec les errements de sa jeu­nesse oubliée. Ces feux de brousse, cette violence urbaine, marginaux et contenus, n’ont pendant longtemps pas inquiété les pouvoirs en place, tout occupés à la ges­tion de leurs rentes.

Aujourd’hui, cette jeunesse perdue tend à échapper à tout contrôle, dans la mesure où elle com­munie dans la même haine des systèmes politiques et de l’organisation sociale tra­ditionnelle et où elle trouve écho et sou­tien auprès d’États prédateurs ou voyous, sur le continent ou au-delà.

Face à ces oppositions radicales, voire nihilistes, une course de vitesse est engagée : les pouvoirs contestés sont sommés de s’ouvrir aux secteurs mon­tants de la société, ces forces nouvelles représentant « l’Afrique qui gagne ».

La décennie 1990 avait vu l’adou­bement des « New leaders of Africa », par l’administration de Bill Clinton. Mais ces dirigeants, de Thabo Mbeki à Meles Zenawi, en passant par Yoweri Muse­veni, ne se sont pas révélés des parangons de démocratie, quand bien même ils ont parfois obtenu quelques succès écono­miques et diplomatiques.

Nous n’en sommes plus là, aujourd’hui, puisque la stabilisation et la sustainability des pays africains sont impératives.

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