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African Banker

Banque : Jonas K. Siliadin pour une vue panoramique

Retour à la finance

Installé donc en France « pour des ques­tions de force majeure », Jonas retourne à ses premières amours, la finance, avec à la clé un premier contrat d’une année à la BRED, de 2002 à 2003 comme chef de projet, puis au Crédit Agricole de 2003 à 2007 comme audi­teur.

En 2007, il rejoint la banque du groupe Carrefour comme contrôleur prudentiel, puis comme responsable Europe du contrôle permanent, de juillet 2010 à novembre 2015, date à laquelle il a intégré le cabinet Conix Consulting en qualité de Manager de la division Risque et réglementaire.

«Avec mes vingt consultants, nous accompagnons les principales banques françaises dans l’alignement de leur dispositif de gestion des risques sur les évolutions réglementaires : supervision prudentielle, protection de l’intérêt de la clientèle, éthique et transparence des marchés, sécurité financière… ».

Concernant les craintes exprimées par la profession sur le « risque » réglementaire, Jonas Siliadin relativise. « Dans tous les pays où les dispositifs bâlois ont été implantés, nous avons toujours assisté à un processus progressif, itératif. Des retours de terrain observés par les superviseurs permettent d’améliorer le test, celui-ci nourrit les travaux sur le terrain et vice versa ».

Parallèlement à ses activités dans la banque, il a exercé, de 2006 à 2015, comme professeur associé à temps partiel, à l’univer­sité Paris Est-Marne-la-Vallée, où il avait en charge des séminaires sur la réglementation des activités bancaires, la Responsabilité sociale des entreprises (RSE), la finance décentralisée.

Et depuis 2011, il est maître de conférences au Centre de formation de la profession bancaire (CFPB). Où il assure des formations en France et en Afrique. Il n’est donc pas rare de le rencontrer dans une ville africaine en train de former les cadres de la banque sur le management, la gestion des risques et le droit bancaire.

Aller-retour entre la théorie et la pratique

En dehors de la finance et de la politique, « JKS » a une autre passion : l’écriture. C’est d’ailleurs « la plus ancienne » de ses activités. Il a notamment publié, en 2013, aux éditions du Panthéon, L’oasis aux vautours, une pièce de théâtre en trois actes, relatant la lutte pour le partage du pouvoir, entre deux soeurs, princesses et cohéritières du royaume de leurs parents décédés de la malaria. En 2014, il fait paraître aux éditions L’Harmattan : Togo, démocratie impossible ?, un essai qui analyse les difficultés pour construire la démocratie au Togo et propose des solutions pouvant permettre le progrès.

Il a aussi apporté sa contribution (« Afrique : fera-t-on la banque autrement ? ») à l’ouvrage collectif Banque et finance en Afrique : les acteurs de l’émergence (Revue Banque édition, décembre 2015). Enfin, en 2016, il signe, Comprendre la banque et son environnement en zone euro. Le livre dresse un panorama de l’activité bancaire, décrivant notamment les grandes familles de risques associés et retraçant les mutations dans la gestion prudentielle et la supervision, avec l’instauration de l’union bancaire et les nouvelles prérogatives de la BCE.

Une riche expérience aussi bien dans le public que dans le privé qui permet à Jonas Siliadin d’avoir une approche globale de la banque. « Ce n’est pas seulement parce que j’ai travaillé dans le public et dans le privé, mais c’est aussi parce que j’enseigne, donc cet aller-retour entre la théorie et la pratique me donne une vision assez complète de l’activité bancaire. »

Et depuis 2011, il est maître de conférences au Centre de formation de la profession bancaire (CFPB). Où il assure des formations en France et en Afrique. Il n’est donc pas rare de le rencontrer dans une ville africaine en train de former les cadres de la banque sur le management, la gestion des risques et le droit bancaire.

Il observe de près l’évolution du secteur en Afrique. « La banque africaine de demain sera une banque dynamique, innovante, qui fait des expérimentations, mais qui doit se concentrer sur sa clientèle telle qu’elle évolue. En effet, les Africains sont en avance sur un certain nombre de technologies, le mobile banking par exemple, et sont très appétents sur tout ce qui est réseaux sociaux. La banque africaine devra pouvoir s’aligner sur ces besoins, et s’ancrer sur les réalités de son terroir », dit-il. Il souligne aussi l’importance de la donnée, devenue vitale pour le secteur bancaire. Au KYC (Know your custumer) classique, il adjoint le KYD (Know your data).

Concernant les craintes exprimées par la profession sur le « risque » réglementaire, Jonas Siliadin relativise. « Dans tous les pays où les dispositifs bâlois ont été implantés, nous avons toujours assisté à un processus progressif, itératif. Des retours de terrain observés par les superviseurs permettent d’améliorer le test, celui-ci nourrit les travaux sur le terrain et vice versa ».

Cependant, il peut y avoir un « arbitrage » qui ne soit pas forcément aligné sur les besoins réels de l’économie, et qui serait défavorable notamment aux PME, à l’agro-industrie, l’artisanat, des secteurs caractérisés par l’informel où l’information n’existe pas, « ce qui peut amplifier artificiellement le risque ».

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Written by African Banker

C'est le seul magazine dédié au secteur bancaire et financier en Afrique. Deux éditions en français et en anglais couvrent la totalité du continent. African Banker est un réel outil de travail pour tout les acteurs de ce secteur. Le monde bancaire et financier connaît une croissance et une concurrence de plus en plus fortes et joue un rôle essentiel dans le développement économique de l’Afrique.

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