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Portraits

Secteur privé, Banque mondiale et Cheikh Oumar Seydi 

Cela montre que l’Afrique bouge. Le secteur privé est en train de se structurer et de grandir. Quels sont les problèmes majeurs rencontrés en Afrique subsaharienne, lors de vos interventions ?

Nous parvenons déjà à trouver plus d’opportunités en Afrique qu’ailleurs. Les difficultés que les sociétés rencontrent sont essentiellement liées à l’environnement des affaires. Le Groupe de la Banque mondiale dispose d’un outil unanimement utilisé comme référence : le rapport Doing Business, qui compare les environnements des affaires de 190 économies selon des critères spécifiques. Par nos programmes d’appui à l’amélioration du climat d’investissement, nous conseillons les gouvernements en Afrique pour améliorer leurs performances dans le Doing Business, et au-delà, rendre leurs environnements des affaires plus compétitifs et prévisibles – en un mot, plus attractifs pour les investisseurs.

Un peu partout sur le continent, on parle des partenariats public-privé. Sont-ils une solution miracle pour l’Afrique ?

Non, les PPP ne sont pas la solution miracle. Mais ils constituent une solution efficace pour combiner les atouts des secteurs public et privé afin de créer des emplois, des revenus et de soutenir une croissance inclusive.

Mais lorsqu’on connaît la complexité des montages, n’est-ce pas une illusion ?

Non, c’est une réalité…

Oui, mais marginale…

Non, je ne pense pas. IFC dispose de toute une unité Conseil consacrée aux PPP. Et nous travaillons sur de nombreux projets. Nous aidons des gouvernements à introduire une participation du secteur privé dans les secteurs pour lesquels le privé serait plus apte à gérer une difficulté spécifique du secteur concerné.

Oui, les PPP représentent un mécanisme de financement et de gestion de risques efficace, en phase avec les réalités de notre époque. Aujourd’hui, les gouvernements ne peuvent plus se permettre d’utiliser leurs ressources propres pour financer leurs activités de développement. L’apport du privé – en financements et en expertise – est alors vital.

Néanmoins, la complexité des montages de dossier, la nécessité de regrouper des acteurs qui ont des intérêts divergents supposent toute une technique qui demande à être maîtrisée. À cet égard, vous disposez d’une expertise ?

Absolument. Comme je vous l’ai dit, certaines de nos équipes techniques sont exclusivement dédiées aux PPP. C’est l’un de nos services Conseil les plus importants. Au fil des années, IFC a acquis une expertise unique en matière de structuration de PPP.

En Afrique, le développement des PME constitue un enjeu central. Qu’est-ce qui explique cette faiblesse ? Contribuez-vous aussi à faciliter l’accès au financement pour les PME ?

Depuis une quinzaine d’années, le soutien aux PME fait partie des piliers de notre stratégie. C’est une problématique importante dans la mesure où les PME sont les plus grands pourvoyeurs d’emplois dans nos pays. Dans certains pays, plus de 80 % des emplois viennent des PME. La deuxième chose, c’est que les PME représentent une part très importante du PNB d’une bonne partie de nos économies, parfois jusqu’à 60 %. Elles sont incontournables ! Aucune politique de développement ne peut omettre l’appui aux PME.

IFC soutient les PME de trois manières : d’abord en travaillant toujours sur l’amé­lioration de l’environnement des affaires, ce qui impacte directement les entreprises. Ensuite, en renforçant les capacités des promoteurs de PME. Nous les aidons à être outillées techniquement. Par exemple, certaines entreprises sont très bien gérées mais n’ont pas la capacité de préparer un dossier de financement ; nous leur offrons une assistance technique pour pouvoir chercher et obtenir un financement. Enfin, nous soutenons le financement même des PME. Dans une certaine mesure, cet aspect est le moins important. En effet, si l’environnement des affaires est dynamique et compétitif et que les PME disposent d’outils techniques adéquats, elles pourront plus facilement obtenir des financements auprès des banques locales. Le défi pour une PME n’est donc pas forcément d’accéder à des financements, mais de convaincre les banques de débloquer des financements grâce à un dossier technique solide.

De quelle manière vous positionnez-vous par rapport aux marchés financiers ?

Les marchés boursiers sont encore en développement à travers le continent, même si certains d’entre eux, Afrique du Sud, Nigeria, Kenya, sont déjà sophistiqués. IFC intervient sur ces marchés. Nous émettons des emprunts obligataires, nous offrons aussi des services de conseil aux gouvernements qui viennent lever des fonds. Nous avons travaillé avec les gouvernements du Rwanda, de la Zambie et du Kenya dans ce sens.

Comment travaillez-vous avec les fonds d’investissement ?

Nous co-investissons avec eux. Et dans les secteurs où nous intervenons, nous avons aussi notre propre fonds d’investissement. Et au sein de nos investissements sectoriels, nous avons tout un secteur Funds. Dans la géographie des fonds en Afrique, nous avons été pendant toutes ces années les plus grands investisseurs par les différentes participa­tions que nous avons prises. Nous sommes très présents dans ce domaine. Le grand défi n’est pas d’avoir un plus grand nombre de fonds d’investissement, mais que ces fonds puissent trouver des investissements rentables. Beaucoup de fonds ont de l’argent mais ne savent pas où l’investir. Lorsque nous collaborons avec un fonds d’investissement, nous nous assurons qu’il offre une valeur ajoutée attractive.

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