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Portraits

Pierre Gattaz : « Nous venons en Afrique… »

L’Afrique a besoin d’une nouvelle approche, de la part des investisseurs. Dispose-t-on aujourd’hui d’une offre précise capable de répondre à ce besoin d’innovation ?

L’approche des investisseurs français a beaucoup changé. Nous venons en Afrique davantage avec une mentalité d’entrepreneur qu’avec une mentalité d’investisseur. Nous sommes dans une démarche de co-développement, de partenariat, d’intégration locale. Notre idée est d’accompagner, s’ils le souhaitent, les pays africains, dans leur croissance avec une offre de formation, la création d’emplois locaux. Les opportunités sont très importantes, notamment dans le domaine énergétique.

L’Afrique dispose de 30 % des réserves d’énergies renouvelables planétaires. Et de la même façon que l’Afrique a accédé directement au portable sans passer par le téléphone fixe, les pays africains peuvent développer directement l’énergie renouvelable sans passer par les cases intermédiaires. L’objectif, partagé, doit être de créer une croissance durable, responsable et inclusive.

Votre délégation d’hommes d’affaires ne manque-t-elle pas d’une priorité forte vers l’agriculture et l’agroalimentaire ?

Oui, c’est mon grand regret. J’ai beaucoup de mal à motiver les acteurs de l’agroalimentaire à l’exportation, la globalisation et à la mondialisation. Je souhaiterais que les fédérations professionnelles se restructurent autour de leurs missions économiques, notamment l’exportation et le management qui va avec. Dans cette nouvelle ère pro-business qui s’organise, les fédérations doivent se mobiliser davantage sur l’exportation. Certaines sont très bien organisées en faveur des grands groupes. Mais il faut également que les PME soient présentes et représentées. La demande existe. Tous les pays émergents sont demandeurs d’une nourriture « traçable », de qualité. La nourriture française est excellente et l’industrie agroalimentaire a une excellente réputation.

Et la question des financements ?

Il faut les diversifier. Nous avions pris une résolution en ce sens, lors du Forum de Bamako en janvier 2017. Toutes les sources de financement doivent être mobilisées au service des entreprises : investisseurs institutionnels, private equity, épargne de long terme, épargne de la diaspora, et même les business angels. Ces derniers sont de plus en plus nombreux en Afrique.

Il faut aussi développer de nouveaux instruments capables de répondre aux défis du développement africain : green bonds, plateformes et fonds agrégateurs, instrument de dette pour les PME, instruments de financements d’infrastructures, finance digitale, etc. Et développer les partenariats public-privé. En un mot avoir une démarche différente de celle des Chinois. Ces derniers arrivent avec des financements et des salariés qu’ils remmènent en Chine une fois les chantiers achevés dont la qualité, m’a-t-on dit, laisse à désirer. L’Afrique a besoin notamment de développer ses infrastructures et nous avons des entreprises et des ingénieurs de qualité pour le faire, reconnus dans le monde entier. Et nous avons une démarche inclusive, nous employons la main-d’oeuvre locale, que nous formons si c’est nécessaire. Dans toutes nos délégations nous avons des instituts de formation.

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