Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Portraits

Lamourdia Thiombiano assure

Pourquoi ne pas avoir cherché à davantage doter ce Fonds qui détient, actuellement, à peine plus de 40 millions $ ?

Les quatre projets sous-régionaux ont été dotés, chacun, de 4 millions $, soit un total de 16 millions provenant de deux ou trois donateurs. Évidemment, ce n’est pas suffisant, mais cet argent doit jouer un rôle de catalyseur afin de permettre un échange d’expérience entre les pays et les communautés.

Le Nigeria, par exemple, a une très bonne expérience dans le domaine de l’aquaculture comme source d’emploi pour les jeunes, qu’il pourrait partager avec ses voisins. Ce qui veut dire que les investissements, ici, sont engagés dans des domaines où l’on peut vraiment faire une différence. Parfois, il n’est pas nécessaire d’investir de gros montants. Le Fonds a été créé lors de la Conférence bisannuelle des ministres de l’Agriculture, organisée par la FAO à Brazzaville, en 2013.

Nous avons pensé qu’il s’agissait d’une voie originale et stimulante pour financer l’agriculture en Afrique ; car au niveau régional, les pays les plus riches peuvent désormais mettre des ressources à la disposition des pays moins nantis pour lutter contre la sécheresse, assurer la sécurité alimentaire et faire face aux crises alimentaires qui pourraient subvenir.

La FAO, avec l’appui du Comité directeur du Fonds auquel participe l’UA, s’emploie à sensibiliser les gouvernements pour qu’ils contribuent à ce Fonds ; mais chaque pays a son propre rythme en termes de déboursement. La volonté ne manque pas de la part de nombre d’entre eux, pour autant, aucun délai ne peut leur être imposé ! L’essentiel est de favoriser la solidarité entre les États africains et de parvenir à mobiliser des ressources additionnelles.

 La FAO s’emploie à sensibiliser les gouvernements. L’essentiel, favoriser la solidarité entre les États africains et de parvenir à mobiliser des ressources additionnelles

Serait-il envisageable de bancariser le Fonds fiduciaire africain de solidarité ?

Non, pas en l’état actuel des textes, car des mécanismes précis de mise en œuvre des projets ont été prévus. Concernant la mobilisa­tion des ressources sur le terrain, la FAO pousse pour que des PPP soient développés dans chaque pays, en tenant compte des politiques agricoles déjà engagées. Si le secteur privé et le secteur bancaire peuvent être associés à la mise en œuvre de programmes nationaux permettant d’assurer la sécurité alimentaire des populations, nous devons bien sûr l’encourager. Espérons que les ressources du Fond parviennent à stimuler et à développer de telles synergies. Ce serait alors un résultat non négligeable notamment pour accroître l’emploi des jeunes dans le secteur agricole, soutenir l’agriculture familiale et faire face aux crises alimentaires. Déjà, les ressources du Fonds ont permis d’appuyer la RCA avec des moyens de production pour améliorer la sécurité alimentaire dans ce pays en proie à une guerre civile. Face à la fièvre Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest, le Fonds a permis de soutenir la revitalisation de la production agricole des pays touchés par le virus (Liberia, Sierra Leone, Guinée). 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts