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Portraits

La culture Trace Tv

Et pour entreprendre, tout est question de stratégie et de relationnel : « Je suis un entrepreneur, mais je suis aussi le premier à admettre qu’il faut miser, en permanence, sur le relationnel pour faire de bonnes affaires en Afrique », explique Claude Grunitzky qui a décidé, voici quelques années, de déplacer le centre de gravité de ses entreprises vers l’Afrique. Pour autant, « je suis aujourd’hui conscient du fait qu’il faut, avant d’entreprendre en Afrique, effectuer davantage de recherches sur le contexte historique et culturel de chaque nouveau projet : savoir qui est qui, et qui est réellement déci- sionnaire ». L’avantage de l’Afrique est qu’il y a moins de concurrence. L’inconvénient est qu’il faut se battre plus qu’ailleurs pour identifier et fédérer les meilleurs talents autour des projets. « Aujourd’hui l’Afrique dispose d’un bassin suffi-samment important pour trouver dans nos pays des jeunes diplômés ou des jeunes actifs qui savent travailler ; beaucoup ont déjà acquis une bonne formation pour intégrer nos équipes transcontinen-tales. Mais trop souvent, il nous arrive d’être déçus par le réel niveau de motivation de jeunes que nous avions décidé d’embaucher ».

Un modèle pour la jeunesse

Ses détracteurs disent qu’il a délaissé ses racines au profit du rêve américain. Claude Grunitzky parle six langues, détient trois passe- ports (français, togolais, américain). Pourtant, son coeur n’a jamais quitté Lomé. Au Togo, Claude Grunitzky s’engage dans la promotion de l’entrepreneuriat surtout chez les jeunes, pour que ceux-ci accèdent à l’autonomie financière. Il suscite des initiatives pour les motiver à la création des micro-entreprises. Mais son message a parfois du mal à passer. Après une vingtaine d’années de suspension de l’aide de la communauté interna-tionale, le Togo a pris du temps à renouer avec la croissance. Pour Claude Grunitzky, c’est « un pays en mouvement », mais « toutes les ambitions gouver-nementales ne sont pas finançables ». Il faudrait davantage de partenariats public-privé, surtout en matière d’éducation et de santé publique. Les bons résultats dans les derniers classements Doing Business prouvent que le gouvernement a « eu raison d’entreprendre des réformes pour lutter contre la maladie bureaucratique habituelle », mais subsiste « un problème d’infrastructures et un manque d’équipements dans beaucoup de secteurs clés de l’économie ». Les nouveaux projets gouver- nementaux sont déjà bien mieux structurés, avec une réelle volonté de rupture institutionnelle, mais les sources de financement ne sont pas assez variées. C’est pour cela que certains Togolais jugent que l’économie fait du surplace. « Je ne suis pas d’accord avec eux », considère l’homme d’affaires, qui appelle néanmoins à oublier « les programmes rêveurs de développement » au profit d’« une véritable réforme agraire ». À l’entendre, on pourrait considérer que le fondateur de Trace TV se lance dans la poli-tique. Elle est en effet sa troisième passion. Et à l’aube des élections présidentielles de 2015, l’entrepreneur garde un oeil avisé sur les débats à Lomé : « Je suis toute l’actualité politique du Togo, et j’ai mes propres modèles d’interpré- tation des tendances. Avec un associé au sein de mon entreprise, nous avons récemment développé une méthodologie qui nous permet d’arriver à des analyses politiques qui mettent en parallèle des paramètres économiques et culturels. Ainsi, nous arrivons à aider les personnalités politiques à formuler des messages qui attirent des voix dans les urnes ! »

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