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Portraits

La culture Trace Tv

Voyager a toujours fait partie du quotidien de Claude Grunitzky. Avec les avantages, mais aussi les inconvénients, les périodes de doutes, de difficultés. De Lomé à New York, en passant par Londres et Paris. Après l’obtention de son baccalauréat en France, il réussit au concours d’entrée à Sciences Po Paris. Mais c’est finalement à l’université de Londres qu’il étudiera l’économie et la finance. Le Togolais est également titulaire d’un MBA du prestigieux MIT. Des expériences qui ont contribué à lui forger un tempérament de battant : « Je considère que j’ai eu deux enfances successives : mon enfance de Lomé suivie de mon enfance de Washington. Lomé, c’était la famille, l’église le dimanche, l’optimisme politique des années 1970. Washington, c’était la découverte du cosmopolitisme, l’appréciation du rêve américain. J’ai fait une synthèse entre ces deux enfances qui étaient diamétralement opposées, et à partir de ce frottement transculturel, de ces expériences respectives, j’ai pu entamer un dialogue intérieur. Si je suis devenu un porte-parole de la culture du nomadisme, c’est justement parce que j’ai cherché aussi des mécanismes pour mieux concilier mes expériences de grand voyageur entre les terres, les cultures et les langues ».

Devenu l’un des Africains les plus en vue au pays de l’Oncle Sam, il fonde Trace, un magazine très coté, avant de lancer Trace TV, en partenariat avec deux associés, Richard Wayner et Olivier Laouchez. « J’ai créé cette chaîne avec un Américain du Bronx et un Martiniquais de Paris, pour contribuer au changement de l’image des minorités à travers le monde », souligne-t-il. Une chaîne de télévision diffusée aujourd’hui auprès de 50 millions de téléspectateurs, dans plus de 140 pays avec quatre différentes déclinaisons.

Travail et passion

Ce parcours réussi laisse cependant quelques regrets : « Dans tous mes projets médias, j’aurais pu miser plus tôt sur les nouvelles émergences numériques. J’ai eu la chance de rencontrer, très tôt dans ma carrière, des personnages qui allaient participer à la révolution des technologies de l’information, des jeunes entrepreneurs qui allaient créer des entreprises innovantes », comme Spotify en Suède, Netvibes en France, Kickstarter aux États-Unis, Eskimi au Nigeria. « Ils m’ont tous proposé des collaborations, mais je n’avais pas encore une vraie intelligence de l’usage des médias online».

C’est un défaut, j’en suis conscient, mais ces dernières années j’ai quand même fait des progrès, même si je suis plus que jamais convaincu qu’il faut que le travail suive la passion

Dans son carnet d’adresses : Spike Lee, Larry Clarke, mais aussi Rihanna, Lily Allen, Kanye West, Marilyn Minter… Il aime se décrire comme étant « un activiste culturel ». Et pour cause, l’entrepreneur organise régulièrement des expositions et des festivals dans le monde. De Tokyo à São Paulo, avec un seul but : réussir, imposer sa griffe, influencer. À ses heures perdues, Claude Grunitzky aime méditer dans la nature. « J’ai toujours été un grand voyageur, puisque j’ai toujours voulu découvrir la richesse et la beauté de notre planète », explique t-il. « J’ai fait plusieurs fois le tour du monde, souvent en reportage pour le magazine Trace ou les autres médias créés en 20 ans de carrière. Lorsque, jeune journaliste, j’ai décidé à 23 ans de créer mon propre média, j’ai pu mettre mes hobbies – ces mini-reportages issus de mon nomadisme culturel – au service d’un travail qui continue de me passionner totalement. Puisque je suis quelqu’un de spontané qui aime aller au fond des choses, j’ai parfois du mal à distinguer mes hobbies de mes activités professionnelles. C’est un défaut, j’en suis conscient, mais ces dernières années j’ai quand même fait des progrès, même si je suis plus que jamais convaincu qu’il faut que le travail suive la passion ».

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