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Politique

Étienne Tshisekedi, le retour

Néanmoins c’est Tshisekedi qui, fin septembre 1960, fut l’un des premiers à exiger des mesures fermes contre Patrice Lumumba. Entre 1961 et 1965, Étienne Tshisekedi est recteur de l’École nationale de droit et d’administration (ENDA).

Tshisekedi est quelqu’un de cou­rageux qui a tellement subi de brimades du temps de Mobutu que rien ne peut plus l’atteindre.

Il participe au gouvernement congolais et devient ministre de l’Intérieur et des affaires coutumières du président Joseph-Désiré Mobutu en 1965.

Il prend part à la rédaction de la Constitution congolaise de 1967 et participe à la création du Mouvement populaire de la Révolution. Ce parti devient ensuite le parti unique. Mobutu éloigne progressivement Tshisekedi à cause de l’intransigeance de ce dernier vis-à-vis du monolithisme politique ainsi amorcé.

En 1982, Tshisekedi participe à la fondation de l’UDPS. Suite à cela, il est plusieurs fois emprisonné et subit une oppression avec les autres fondateurs. Tshisekedi accède une première fois au poste de Premier ministre du président Mobutu entre le 29 septembre et le 1er novembre 1991.

Lors de la période d’instabilité politique au début des années 1990, le Zaïre organise une Conférence nationale souveraine char­gée de redresser le pays. Ce forum natio­nal élit Tshisekedi Premier ministre le 15 août 1992.

À l’encontre des résolutions de la Conférence nationale, Mobutu démet Tshisekedi de son poste de Premier ministre le 5 février 1993. En 1997, Mobutu, malade, n’exerce plus le pouvoir et les troupes de Laurent-Désiré Kabila s’approchent de la capitale.

Pendant cette période de vide politique à Kinshasa, Tshisekedi redevient Premier ministre du 2 au 9 avril 1997. En mars 1998, la Commission congolaise qui prépare une nouvelle Constitution fait savoir que Tshisekedi était déchu de ses droits politiques pour son rôle dans la mort de Patrice Lumumba.

En 2003, il refuse d’entrer dans le gouvernement de tran­sition. Il est depuis 1997 avec l’UDPS à la tête d’un mouvement d’opposition non violent, ayant été à diverses reprises l’instigateur de manifestations, et à l’ori­gine du boycott, avec peu de succès, du référendum du 18 décembre 2005 sur la constitution d’une IIIe République.

Le 23 décembre 2011, Étienne Tshisekedi, qui s’est autoproclamé président de la République démocratique du Congo, a prêté serment depuis sa résidence de Limete, à l’issue d’une élection présiden­tielle truffée d’« irrégularités » selon plusieurs organismes locaux et internationaux ayant participé en tant que témoins à ce scrutin.

En mars 2012, plusieurs partis politiques dont l’UDPS, la Démocratie chrétienne (DC) et le G14, des associa­tions de la société civile, des autorités tra­ditionnelles et des associations de jeunes se regroupent en une plateforme, la Majorité présidentielle populaire.

Réputé pour son légendaire « entête­ment », ce militant de la démocratie donne parfois l’impression qu’il n’a pas vraiment envie de prendre le pouvoir. « Sinon, il l’aurait déjà fait car son aura auprès du peuple est incontestable ! », clame l’un de ses anciens conseillers de campagne.

Le sphinx Tshisekedi fuit également la presse et la médiatisation. « Sa vision du monde est assez manichéenne et il n’a pas vraiment un programme de gouvernement », poursuit cette source. « Mais c’est quelqu’un de cou­rageux qui a tellement subi de brimades du temps de Mobutu que rien ne peut plus l’at­teindre. »

En attendant, le Lider maximo ne semble pas décidé, non plus, à passer la main. Rien n’a été fait pour assurer la relève au sein de l’UDPS. Incarnant une ligne dure : « Pas de négociations, pas de compromissions ! », l’opposant historique parvient à fédérer tout le monde. « Il n’est pas évident qu’il en soit de même après lui ! », poursuit cette source.

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