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Interview

Rwanda: Rencontre avec Soraya Hakuziyaremye, ministre du Commerce et de l’industrie

Si l’objectif du Rwanda de devenir un pays à revenu moyen en 2020 semble hors d’atteinte, les mesures prises pour accroître les exportations portent leurs fruits, assure la ministre rwandaise du Commerce et de l’industrie, Soraya Hakuziyaremye.

Par Tom Collins

Pour un petit pays enclavé d’Afrique de l’Est doté de peu de ressources naturelles et d’industries compétitives, le Rwanda affiche d’excellentes performances, avec une croissance moyenne de 7,9 % par an entre 1995 et 2014. Toutefois, le pays demeure confronté à de nombreux obstacles.

Lancé en 2000 par le gouvernement, le programme « Rwanda Vision 2020 » met l’accent sur le développement du secteur privé, des infrastructures et de l’économie des connaissances. De grands progrès ont été accomplis mais le pays demeure pauvre – à 710 dollars par habitant, son PIB est loin d’être celui d’un pays à revenu moyen –, statut que le pays voulait atteindre en 2020.

La ministre rwandaise du Commerce et de l’industrie, Soraya Hakuziyaremye, explique à African Business comment le pays s’attachait à favoriser ses exportations, afin de réduire le déficit commercial, diversifier l’économie et maintenir sa dynamique de croissance.

Le Rwanda vise à accroître la capacité de fabriquer des produits compétitifs à l’international en créant de la valeur ajoutée sur des produits traditionnels et en établissant de nouvelles chaînes de valeur. Ainsi, le pays espère sortir d’une économie essentiellement agraire.

En 2018, selon le FMI, l’économie rwandaise a enregistré un taux de croissance de 7,2 %, dopé par d’excellents résultats dans divers secteurs comme le commerce et les produits manufacturés. Ces deux secteurs ont bénéficié de la politique de développement de la fabrication rwandaise, engagée en 2015 pour stimuler l’industrialisation.

Le pays vise à accroître la capacité de fabriquer des produits compétitifs à l’international en créant de la valeur ajoutée sur des produits traditionnels et en établissant de nouvelles chaînes de valeur. C’est ainsi que le Rwanda espère sortir d’une économie essentiellement agraire.

Le gouvernement a d’abord ciblé les secteurs du textile, de l’habillement et du cuir avant de s’attaquer à l’agroalimentaire, à l’horticulture et aux matériaux de construction.

L’objectif est d’accroître les exportations en investissant dans la fabrication sur place, afin de contrebalancer la facture d’importation du pays, dont les ressources naturelles sont limitées. Néanmoins, la politique d’accroissement des exportations a suscité des tensions chez les partenaires commerciaux déjà bien établis.

Trouver de nouveaux marchés

En 2018, afin de créer des conditions de marché favorables pour les producteurs locaux, le gouvernement a accru les droits de douane sur les importations de vêtements et de chaussures d’occasion en provenance des États-Unis.

En représailles, Washington a suspendu l’exonération de droits de douane sur les textiles rwandais accédant au marché américain, prévue par l’AGOA (African Growth and Opportunity Act).

Soraya Hakuziyaremye indique que les fabricants rwandais sont incités à rechercher de nouveaux marchés pour compenser les pertes : « Nous avons deux fabricants de textiles locaux et ils sont tous deux parvenus à trouver de nouveaux marchés en Europe. »

Le Rwanda n’a pas supprimé les droits de douane afin d’affirmer sa ferme volonté de défendre la politique Made in Rwanda, malgré la désapprobation évidente de Washington et les difficultés que cela peut poser aux autres exportateurs rwandais qui exportent aux États-Unis.

Le gouvernement insiste sur le fait que sa stratégie est la bonne. Depuis le lancement du programme « Made in Rwanda », le déficit commercial du pays a diminué de 36 % tandis que les exportations sont passées de 559 millions $ en 2015 à 944 millions $ en 2017.

Le gouvernement espère poursuivre dans cette voie en travaillant étroitement avec des sociétés axées sur l’exportation et en proposant des incitations attrayantes aux entreprises locales et internationales. « Nous proposons un appui

financier à nos exportateurs, souligne Soraya Hakuziyaremye. Les exportateurs peuvent réaliser des études de marché, recevoir une aide financière et bénéficier de taux subventionnés sur les importations ; ces mesures ont largement contribué à augmenter les exportations. »

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