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Interview

Richard Muyej Mangeze Mans : Gouverneur du Lualaba

Richard Muyej Mangeze Mans : Gouverneur du Lualaba
  • Publiéjanvier 21, 2019

Les infrastructures sont-elles suffisantes ? 

Nous rencontrons, il est vrai, quelques difficultés en ce qui concerne les structures d’accueil et les voies d’accès aux différents sites. Un programme a été élaboré pour répondre à ces difficultés. Pour les structures d’accueil, nous avons engagé près de dix millions de dollars pour aider les opérateurs qui investissent dans l’hôtellerie à accélérer les travaux de chantiers d’hôtel, afin que, d’ici quelques mois, 300 nouvelles chambres de bon standing soient disponibles.

La province a elle-même créé une petite cité d’hébergement avec des studios et des appartements totalement équipés qui offrent ainsi une nouvelle possibilité d’accueil des hôtes, que ce soit pour des réunions ou des séjours touristiques.

Dans la mesure où nos moyens n’atteignent pas la hauteur de nos ambitions, nous nous sommes retournés vers les opérateurs miniers de la province, qui ont investi dans ce secteur, pour nous aider, par leur apport libre et volontaire, à réussir ce programme de diversification de l’économie.

Cet appel vise à une mutualisation des participations libres et de l’assistance des entreprises minières. Il s’agit de fédérer les moyens et de les affecter dans le cadre de ce programme de diversification qui bénéficie déjà du soutien de tous et de l’adhésion des principaux investisseurs du secteur minier. C’est une innovation remarquable ! 

Justement, comment définissez-vous votre mission et vos actions ? 

Notre objectif commun est de combattre la pauvreté en luttant contre cet incroyable paradoxe entre l’immensité des richesses d’une part, et la pauvreté dans la cité, d’autre part. En effet, nous avons tous compris que la prospérité n’a de contenu que lorsqu’elle est partagée.

Figée dans un camp, elle ne peut que devenir une source de frustrations et d’agitations jusqu’à constituer une menace sérieuse pour l’ordre public, mettant ainsi en péril le développement de projets privés ou publics. Sur le plan des infrastructures, nous avons été frappés, lorsque nous sommes arrivés à la tête de la province, de constater un contraste très fort entre ces prestigieuses 

richesses dont on parle à travers le monde et l’état des lieux réalisé par nos services. Il nous est apparu urgent de soutenir un programme pour redonner à la ville, chef-lieu de la province, sa véritable robe de la capitale mondiale du cobalt.

Nous avons entrepris de réhabiliter les routes urbaines, de les moderniser, de réhabiliter et de construire de nouveaux bâtiments scolaires : un vaste programme de construction d’auditoires destinés aux universités et aux instituts supérieurs, une grande bibliothèque ; la réhabilitation et la modernisation du grand hôpital de référence ; et à l’intérieur de la province, nous avons ciblé des territoires où des édifices qui ont fait autrefois le prestige de la province en matière d’éducation sont en pleine réhabilitation.

C’est le cas d’une grande école d’agronomie à Sandoa ; de l’Institut supérieur pédagogique à Kapanga ; de deux écoles primaires et secondaires dans le territoire du Mutshatsha ; et de la réhabilitation de deux écoles à Mukape Kasaji dans le territoire de Lubudi.

Sur le plan de l’administration, nous avons lancé les travaux de l’hôtel du gouvernement. C’est un bâtiment imposant, qui abrite le siège du parlement provincial, digne de la prestigieuse province du Lualaba ! Et tout cela a été fait en pratiquement deux ans, ce qui est très impressionnant et a attiré l’attention du magazine Forbes, qui nous a honorés d’un prix, remis en septembre 2018 à New York. 

Quels sont vos projets à court, moyen et long terme ? 

Nous avons l’ambition de poursuivre ces programmes de construction de notre province, mais nous réfléchissons davantage sur la mise en évidence de nouvelles ressources susceptibles de soutenir cet élan de croissance. Beaucoup d’efforts ont été déployés sur le plan des financements, et aujourd’hui, je peux vous dire que l’apport du gouvernement central représente à peine 2 % de l’ensemble de nos recettes, ce qui consacre l’effectivité de la décentralisation au Lualaba. Je suis très fier, en tant qu’ancien ministre de la Décentralisation, d’avoir animé l’essentiel de cette campagne de vulgarisation de ce mode de gestion.

Écrit par
African Business

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