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Interview

Richard Muyej Mangeze Mans : Gouverneur du Lualaba

Il a été plusieurs fois ministre, d’abord chargé des relations avec le Parlement, puis ministre de l’Intérieur et de la sécurité. Aujourd’hui, gouverneur du Lualaba, Richard Muyej Mangeze Mans fait le point sur le développement de la province et du pays. 

Quelle a été la tâche prioritaire, depuis votre installation en 2015 à la tête de la province du Lualaba et de ses cinq territoires ? 

Lorsque j’ai accédé à ce poste, les instructions du chef de l’État étaient claires et suscitaient des espérances : rapprocher les communautés, réaliser la cohésion, définir un programme qui tienne compte de leurs aspirations, et réaliser des actions qui consolident les liens tout en favorisant l’émancipation de ces communautés ainsi que la transformation de la région. 

Nous avons vite pris conscience qu’une dépendance éternelle au secteur minier constituait un obstacle à ces actions et risquait de nous priver des résultats escomptés. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes inspirés des orientations du gouvernement de la République et que nous avons opté pour la diversification de l’économie. 

La province du Lualaba est enclavée certes, mais son sol et son sous-sol ne manquent pas de richesses. 

Nous avons l’avantage de gérer une province qui compte énormément d’atouts. Nous travaillons pour que ces atouts profitent concrètement aux communautés qui vivent dans cette province. De plus, ces atouts doivent nous aider à soutenir l’action que nous 

devons mener, et que toute la population attend, en faveur du développement de notre pays. Même si nous considérons toujours les mines comme un secteur principal, nous avons rapidement pris la décision d’utiliser une partie des dividendes de ce secteur pour investir dans l’agriculture et le tourisme, deux autres secteurs qui ont vocation à favoriser le développement sur une base populaire. À cet égard, nous avons défini différentes étapes : celle de la sensibilisation, d’abord, afin de créer un intérêt pour l’agriculture au sein de ces communautés qui sont prises en otage par les mines. Ensuite, créer de nouvelles habitudes pour favoriser le développement du tourisme. 

Où en est la modernisation des infrastructures ? 

Nous menons un programme ambitieux. Ainsi, pour l’agriculture, nous avons tenu un discours de sensibilisation à travers plusieurs missions itinérantes dans nos territoires. Nous avons équipé de moyens de mobilité – voitures et vélos –, les moniteurs agricoles et les inspecteurs qui étaient chargés d’aider les agriculteurs . Il fallait leur donner accès à des sites totalement enclavés, afin de relayer le message de la province qui vise à privilégier l’agriculture comme autre pilier de développement. Nos compatriotes doivent changer de mentalité, se délier progressivement de l’influence des mines pour créer de nouvelles bases pour le développement de la province. 

Nous avons aussi décidé, ces deux dernières années, de distribuer gratuitement des intrants agricoles dans tout le territoire. Nous avons, pour ce faire, constitué un fonds avec Afriland Bank pour accompagner le projet agricole, fonds auquel les coopératives pourront accéder sous forme de microcrédits pour développer des projets en travaillant en groupes, et élargir ainsi rapidement l’influence de cette nouvelle activité sur toute l’étendue de la province. 

Et en ce qui concerne le tourisme ? 

Nous avons identifié tous les sites d’attraction pour les touristes, ce qui nous a conduits à publier un petit guide touristique. Sur la base d’une expertise belge, nous avons aussi réalisé un ouvrage beaucoup plus complet qui reprend tous nos sites d’intérêt touristique, les contenus des cultures qu’on trouve dans la province, et aussi d’autres activités liées au tourisme. 

Nous avons présenté cet ouvrage, fin octobre 2018 et invité, sur le site de Lubudi, plusieurs compagnies de tourisme sud-africaines, pour leur expertise et leur conseil, de manière à ce que le tourisme devienne une réalité effective sur laquelle la province pourra compter. De son côté, le ministère du Tourisme développe diverses activités dans les écoles primaires et secondaires afin que les enfants adhèrent à cette culture du tourisme. 

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