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Interview

L’avis du ministre des Mines, Christian Magnagna

En regroupant deux ministères, Mines et Infrastructures, le gouvernement entend faire du secteur minier une priorité nationale, appuyée par le développement des infrastructures. Objectif : augmenter le poids du secteur minier dans l’économie.

 Par Marie-France Réveillard

Pourquoi avoir réuni les mines et les infrastructures au sein d’un même ministère ?

Ce sont les équipements et les infrastructures qui permettront de développer les mines ! De plus, le secteur minier facilitera le développement des infrastructures. La réunion de ces deux ministères relève donc d’une certaine cohérence qui a, je le constate, été saluée par la majorité des opérateurs économiques.

Quel bilan peut-on dresser de l’activité minière au Gabon ?

Elle se porte bien. On compte 34 opérateurs dans le domaine de la recherche, pour un investissement de plus de 4 milliards de F.CFA. On a relevé, en 2017, une production de 5 000 t. de manganèse (+47 % en 1 an), 500 kg d’or, 215 000 t de graviers et 361 000 m3 de carrières de sable. Le secteur contribue à hauteur de 2,5 % dans le PIB. Il représente 10 % des exportations et 4 % de l’emploi privé.

Comment atteindre votre objectif de relever le niveau de contribution du secteur minier au-delà de 4 % du PIB ?

Bien qu’en progression en 2017, la contribution du secteur dans le PIB reste en dessous de cet objectif. Nous sommes engagés dans la réforme du cadre réglementaire, l’inventaire des ressources, le renforcement de la filière grâce notamment, à l’augmentation des ressources financières et techniques de la Société équatoriale des mines (SEM).

Dans les diamants, notre adhésion au Processus de Kimberley doit formaliser les exploitations artisanales et à petite échelle. Elle permettra d’augmenter la production artisanale, de suivre la traçabilité des flux financiers, et d’attirer davantage d’investissements étrangers.

La simplification des procédures administratives et la transparence requise dans le traitement des dossiers devraient également renforcer l’attractivité du secteur et attirer davantage d’investissements étrangers.

Dans quelle mesure la chute des cours mondiaux a-t-elle affecté le secteur minier ?

L’investissement dans l’exploration minière est en net repli par rapport à 2015 et 2016, en raison de la baisse des cours des métaux et des difficultés pour lever des capitaux.

Cependant, on a constaté une embellie au niveau de la production grâce à l’augmentation du nombre d’opérateurs dans les mines à petite échelle et à la mise en exploitation de la mine de manganèse de Binioni. On dénombre aujourd’hui douze mines à petite échelle et trois grandes mines après la fermeture de la mine d’or de Bakoudou.

Quelle place occupe la production aurifère, élevée en 2017 au rang de substance stratégique par le chef de l’État ?

La production aurifère a été de 500 kg l’an passé. L’opérateur Managem porte, assez haut, la production depuis quatre à cinq ans, et nous travaillons avec ce partenaire pour voir comment lui confier le projet minier d’Etéké.

L’accent a porté sur la restructuration de la filière afin d’attirer les exploitants nationaux et de valoriser des coopératives artisanales, avec pour corollaire la constitution d’un stock d’or de l’État. En 2017, dix mines à petite échelle ont été ouvertes conformément aux objectifs du gouvernement et six conventions ont été signées.

Où en est le projet d’installation de la raffinerie d’or dans la Zone économique à régime privilégié de Nkok ?

Les transactions sur l’or qui se font sur les marchés internationaux exigent d’abord une garantie de traçabilité et la certification de l’or à 99 %, c’est la raison principale qui explique ce projet. Des discussions sont en cours, entre la SEM et des partenaires privés, en vue de nouer un partenariat.

Le Gabon vient d’adhérer au processus de Kimberley : est-ce là une manifestation de la volonté de l’État de dynamiser l’exploitation des mines de diamant, encore au stade exploratoire?

Notre adhésion au processus de Kimberley doit formaliser les exploitations à petite échelle. Elle permettra d’augmenter la production artisanale grâce à un meilleur encadrement ; de suivre la traçabilité des flux financiers ; et d’accroître l’intérêt de groupes miniers et de négoce, pour attirer davantage d’investissements étrangers. Nous renforcerons les mécanismes de contrôles administratifs et le suivi interne de la production des diamants pour mettre un terme au commerce informel et à l’évasion des recettes d’exportation des diamants.

Quelles sont les priorités au niveau des infrastructures gabonaises?

Le Schéma directeur national des infrastructures présente les corridors de développement qui seront créés pour irriguer l’ensemble des futurs pôles économiques du Gabon : le Transgabonais (Libreville-Franceville-frontière du Congo), le corridor Nord (Ndjolé-frontière du Cameroun) et enfin le corridor Sud et Sud-Est (Ndjolé-frontière du Congo- Mayumba-Ndendé-Lastourville). Ils permettront de relier les pôles majeurs d’activités économiques au moyen d’infrastructures de communication.

Les projets prioritaires comprennent les routes nationales Pk5-Pk12, avec une livraison attendue pour le mois d’août, ensuite la RN Pk12-Pk105 et la réhabilitation des voiries de Libreville d’ici 30 mois, pour un coût estimé à moins de 100 milliards de F.CFA (152 millions d’euros).

Ils concernent aussi l’aménagement du port de Port-Gentil et du port fluvial de Lambaréné. Le nouvel aéroport international, la modernisation des aéroports provinciaux, la réhabilitation du Transgabonais et la ligne ferroviaire Abanga – Port-Gentil, sont également classées parmi nos priorités.

Le groupe GSEZ Airports SA a été désigné promoteur du projet de construction du nouvel aéroport de Libreville ; quels sont les termes de ce partenariat public-privé ?

L’aéroport sera financé à travers un PPP associant le groupe Olam-GSEZ à des institutions bancaires internationales. Les discussions entre les deux parties sont engagées et les études sont menées par un cabinet international. La conception et la réalisation de ce projet sont en cours et la livraison de la première phase est prévue pour 2019.

Quels sont les principaux travaux engagés en matière d’assainissement ?

Nous avons lancé cinq projets phares : les aménagements des bassins-versants de Lowé-IAI, de Gué-Gué, de Terre-Nouvelle, de Nzeng-Ayong et la mise en oeuvre du plan complet de réinstallation des populations affectées par les travaux d’aménagement. Pour la réalisation de ces projets, le gouvernement est accompagné par ses partenaires traditionnels, notamment l’AFD, la BDEAC et le FED.

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