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International

Les start-up africaines à l’honneur

Profitant du rattrapage en infrastructures mobiles et Internet, les start-up africaines cherchent de nouveaux investisseurs et continuent d’adapter leur offre aux besoins locaux. Elles participeront au salon Vivatech 2019.

Par Nicolas Bouchet

Inspirer le reste de la planète », telle est la mission de la Tech africaine au salon Vivatech qui se tiendra à Paris du 16 au 18 mai 2019, déclare la consultante Ndeye Diarra Diobaye, organisatrice du pavillon dédié à l’Afrique, Afric@tech.

La présence des startup africaines, renouvelée après une première participation en 2018, s’inscrit dans une dynamique riche de technologies actuellement déclinées en produits et services par ces jeunes entreprises du monde, bien que les jeunes pousses nord-américaines et européennes demeurent les plus représentées.

Les tendances mondiales du numérique comprennent le déploiement de la 5G, l’usage du blockchain et de l’intelligence artificielle et leurs applications dans la mobilité, la médecine ou l’unscaling (l’externalisation des équipements de calcul et d’hébergement), avec pour mot d’ordre une « Tech for Good » soucieuse de sujets d’intérêt général et d’équité sociale.

Leurs déclinaisons en Afrique se matérialisent à grande vitesse et légitiment l’image de relais de croissance du continent auprès des investisseurs du secteur…

L’Afrique rencontre des difficultés chroniques d’adéquation des besoins en fonds d’amorçage et d’offre des investisseurs, habituellement calibrée pour des projets occidentaux.

GSM Association Sub-Saharan Africa estime dans son rapport The Mobile Economy : Sub-Saharan Africa, qu’en 2020, le marché du téléphone portable comptera près d’un milliard de SIM en service et que la couverture mobile par des réseaux 4G sera majoritaire en Afrique, déployant ainsi les supports nécessaires à la croissance de start-up africaines.

Celles-ci donnent déjà à voir des expressions uniques des technologies numériques, en s’engouffrant dans des brèches laissées par le secteur public comme les services de distribution du courrier (Africa Courier Express, Yellow Relay) ou les questions de santé maternelle (Safe Delivery App).

Ces solutions inventent des alternatives aux circuits de paiement traditionnels comme le rechargement mobile de crédit gaz pour l’emploi de cuisinières, et contournent les pénuries énergétiques des régions rurales par l’offre de kits solaires (Samawatt) eux aussi accompagnés de facilités de paiement mensuelles.

Si l’offre des start-up africaines est si caractéristique, c’est que leur économie nationale et leurs conditions de naissance et de croissance la déterminent fortement.

Des besoins nombreux et identifiables

Aux yeux des leaders d’opinion, le numérique est le secteur ayant le plus progressé ces cinq dernières années (de 73 %) sur le continent, selon le baromètre Africaleads.

Il y prend des formes adaptées aux besoins économiques et sociaux locaux et se distingue par une innovation dite frugale, c’est-à-dire la moins coûteuse possible. Ndeye Diarra Diobaye le confirme : « loin d’être marginale » dans le numérique, l’Afrique rencontre des difficultés chroniques d’adéquation des besoins en fonds d’amorçage et d’offre des investisseurs habituellement calibrée pour des projets occidentaux.

Ce problème réapparaît lors des moments de croissance des entreprises et fait écho au poids de leurs coûts d’activité comme l’accès à l’Internet, la location d’espaces communs de travail, et le recrutement de talents rares et chers, bien que les formations de développeur web commencent à se démocratiser.

Ndeye Diarra Diobaye précise que leur environnement économique « souple » confère aux startup une rapidité de création et de croissance inégalées dans le monde, conséquence de besoins nombreux et identifiables d’amélioration des conditions de vie.

Le but revendiqué d’Afric@tech de mettre en relation des start-up avec des fonds et des corporates (représentants de grands groupes) souligne l’espoir de répliquer à leur profit le taux communiqué de 84 % de rencontres entre entrepreneurs et investisseurs potentiels lors du salon Vivatech.

Les débouchés commerciaux et l’accès aux marchés étrangers représentent un autre problème, et en conséquence, l’intégration régionale et l’exportation seront au programme des discussions sur le pavillon Afric@tech, faisant écho à la partie Africa Tech Now du CES (Consumer Electronic Show) américain et au salon Africa Tech Summit organisé à la fois à Kigali et à Londres.

Pour témoigner de ces défis à Paris, des têtes d’affiche jeunes seront présentes : Peris Bosire (FarmDrive), Omar Cissé (InTouch), Ethel Cofie (Edel Technology Consulting),  ou encore Rebecca Enonchong (Appstec).

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