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International

Haïti : Le président Jovenel Moïse assassiné

« Le Président (Jovenel Moïse) a été assassiné chez lui par des étrangers qui parlaient l’anglais et l’espagnol. Ils ont attaqué la résidence du président de la République », a déclaré mercredi matin le Premier ministre de Haïti, Claude Joseph. 

Par Paule Fax

Cette information officialisée ce mercredi par le Premier ministre sortant Claude Joseph, (qui devait être remplacé par Ariel Henry au poste de Premier ministre), précise que le président Jovenel Moïse (53 ans) a été assassiné ce mercredi 7 juillet aux alentours de 01h00 du matin par un commandant armé étranger. Le Premier ministre a ajouté aussi que : « La situation sécuritaire est sous contrôle ».

Le contexte de violence n’a pas permis au président Jovenel Moïse de voir l’aboutissement de ce processus politique.

Dans les détails, l’épouse du président assassiné, blessée durant l’attaque, a quant à elle a été prise en charge par les secours. Elle devrait être prochainement évacuée vers Miami.

Pour sa part, un des fils du couple présidentiel, présent lors de cet assassinat, est hors de danger, car mis en sécurité par les services de l’Etat. 

MISE A JOUR — MARDI 13 JUILLET 2021 Ce qu’on sait de l’assassinat du président Jovenel Moïse 

À l’heure actuelle, 21 suspects ont été appréhendés dans la cadre de l’enquête, dont 18 Colombiens – des retraités de l’armée colombienne – et trois civils haïtiens. Trois Colombiens ont été tués et cinq autres seraient encore en cavale.

Par ailleurs, le responsable de la sécurité présidentielle, le commissaire divisionnaire Jean Laguel Civil, doit être auditionné ce mardi. Le responsable de la sécurité du palais présidentiel, le commissaire de police Dimitri Hérard, doit répondre aux questions des enquêteurs mercredi. Des mesures conservatoires ont été prises à leur encontre et ils ont été remplacés dans leur fonction.

Le juge Carl Henry Destin chargé de l’affaire a révélé que « la dépouille du président Moïse a été retrouvée criblée de 12 balles, et son bureau et sa chambre ont été saccagés. Nous l’avons trouvé allongé sur le dos, pantalon bleu, chemise blanche maculée de sang, la bouche ouverte, l’œil gauche crevé ». La fille du président, Jomarlie, se trouvait au domicile au moment de l’attaque mais s’est cachée dans une chambre à coucher, a-t-il précisé.

Quant au Premier ministre, Claude Joseph, il a rassuré ses compatriotes sur l’état de santé de la Première dame blessée lors de l’attaque : « La Première dame est hors de danger, elle est soignée en Floride, et selon les informations que nous avons, sa situation est stable ». Mais très sentencieux, il a aussi affirmé que « les assassins de Jovenel Moïse paieraient pour ce qu’ils ont fait devant la justice ». Il a également décrété quinze jours de deuil national en hommage à Jovenel Moïse jusqu’au 22 juillet.

Mercredi en soirée, à la télévision nationale, la police a indiqué, à son tour, avoir poursuivi les présumés membres du commando aussitôt après l’attaque. Les forces de l’ordre ont continué de mener dans la soirée une opération aux alentours de la capitale Port-au-Prince.

Selon le directeur général de la police nationale de Haiti, Léon Charles : « Quatre mercenaires ont été tués, deux ont été interceptés sous notre contrôle. Trois policiers qui avaient été pris en otage ont été récupérés ». 

Après l’annonce de l’assassinat, toutes les activités, les commerces et les transports en commun ont été paralysés à Port-au-Prince et dans les villes de province. Cet assassinat menace de déstabiliser encore davantage le pays le plus pauvre des Amériques, déjà confronté à une double crise politique et sécuritaire. Mais le Le Premier ministre Claude Joseph a appelé la population au calme et fait savoir que la police et l’armée allaient assurer le maintien de l’ordre.

Le défunt président Jovenel Moïse était au pouvoir depuis le 7 février 2017. Il est issu du monde des affaires. Marié, il était père de quatre enfants.

Son pays Haïti (Caraïbes), nation la plus pauvre du continent américain, fait face depuis des années aux catastrophes naturelles et aux crises politiques accentuées par l’insécurité, la violence et les enlèvements contre rançon dirigés par des gangs.

Récemment le Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis et l’Europe avaient appelé à une présidentielle et des législatives libres et transparentes, d’ici à la fin 2021.

Le président Moïse avait pris acte de cet appel de la communauté internationale, il avait même annoncé lundi la nomination d’un nouveau Premier ministre, Ariel Henry, avec une feuille de route : L’organisation de la présidentielle et des législatives.

Mais le contexte de violence n’a pas permis au président Jovenel Moïse de voir l’aboutissement de ce processus politique.

Immédiatement après la diffusion du décès du Président les réactions fusaient de partout dans le monde. Jen Psaki, la porte-parole de l’exécutif de la Maison Blanche a assuré qu’il s’agit là « d’une attaque terrible, une attaque tragique, ayant ciblé le président d’Haïti et sa femme au cours de la nuit (…) Nous sommes prêts à assister sous n’importe quelle forme la population d’Haïti, le gouvernement d’Haïti, s’il y a une enquête ».

De son côté Boris Johnson, Premier ministre britannique a condamné « l’acte odieux » que représente l’assassinat du président haïtien, indiquant être « choqué et attristé par la mort du président Moïse » tout en appelant au calme.

Même son de cloche pour l’Union européenne qui note par la voix de son chef de la diplomatie Josep Borrell que « ce crime entraîne un risque d’instabilité et d’une spirale de violence » dans le pays. Il en est de même pour la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo.

Elle « condamne avec la plus grande fermeté l’odieux assassinat du Président de la République d’Haïti, Son Excellence Monsieur Jovenel Moïse. Elle est également très préoccupée par l’état de santé de la Première Dame, Madame Martine Moïse, blessée par balle lors de cette attaque commise dans la nuit du 6 au 7 juillet ».

« Cette grave situation ne doit en aucun cas être l’occasion de déstabiliser davantage les institutions démocratiques d’Haïti. L’intérêt supérieur du pays et des populations, déjà durement éprouvées, doit être la première considération de tous les acteurs haïtiens et internationaux », a-t-elle ajouté.

Dans l’immédiat, le Premier ministre, a annoncé «l’état de siège » dans le pays, octroyant des pouvoirs renforcés à l’exécutif. « Dans la stricte application de l’article 149 de la Constitution, je viens de présider un conseil des ministres extraordinaire et nous avons décidé de déclarer l’état de siège sur tout le pays », a-t-il expliqué, assurant que la mort du Président « ne resterait pas impunie». 

Plus tôt dans la journée, l’ambassadeur haïtien aux Etats-Unis avait assuré que les assassins du Président étaient des mercenaires « professionnels» qui s’étaient fait passer pour des agents américains et qui pourraient avoir déjà quitté le pays. « Nous avons une vidéo, et nous pensons qu’il s’agit de mercenaires ». 

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenir ce jeudi une réunion d’urgence à huis clos à la demande des Etats-Unis et le Mexique membre non permanent du Conseil.

PF

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