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Infrastructures

Le Cameroun mise sur Kribi

Le Cameroun mise sur Kribi
  • PubliéJune 27, 2022

Le Cameroun reçoit un nouveau prêt de la BAD pour accélérer le désenclavement du complexe portuaire et industriel de Kribi. Ce pôle d’attractivité pour toute l’Afrique de l’Est pourrait s’enrichir d’un aéroport.

 

Par Aude Darc

Plus que jamais, le Cameroun mise sur la zone de Kribi, au sud du pays, pour accélérer son développement. Le pays vient de recevoir un prêt de 39,62 millions d’euros pour financer le désenclavement de la zone industrielle et portuaire. D’autre part, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, a révélé que le gouvernement envisageait la construction d’un aéroport desservant l’ancienne station balnéaire. Un moyen d’ouvrir un marché à la compagnie nationale Camair. Le Cameroun va d’ailleurs ratifier la Constitution révisée de la Commission africaine de l’aviation civile, ouvrant davantage son ciel à la concurrence.

La zone industrielle du port de Kribi a l’ambition d’offrir tous les services utiles à l’implantation et à l’exploitation d’industries modernes dans un complexe industrialo-portuaire. Avant que vienne s’ajouter, en 2040, une ville nouvelle.

Destiné à l’exécution de la deuxième phase du Projet d’aménagement des routes de désenclavement de la zone industrielle et portuaire de Kribi, ce nouveau prêt vient compléter celui de 114,33 millions d’euros, octroyé en octobre 2021 pour la mise en œuvre de la première phase.

Pour faire face à l’engorgement du port de Douala, – qui mène sa modernisation de son côté –, le port de Kribi permettra d’accueillir des navires en eau profonde, dans une zone économique et industrielle répondant aux standards modernes. Progressivement, un important complexe se construit sur le site, sans contraintes de profondeur d’eau, de surface ni de tracé, avec des équipements de dernière génération et de grandes aires de stockage et de travail.

En revanche, reconnaissent les autorités camerounaises, les voies d’accès au site se sont fortement dégradées au fil du temps, malmenées par l’augmentation du trafic de poids lourds. C’est pourquoi la deuxième phase du projet va permettre de boucler le financement en vue de réhabiliter le tronçon de route Edea-Kribi, long de 110 kilomètres, et d’aménager 39 autres kilomètres de route entre la localité de Lolabé à Campo, et jusqu’au pont sur le fleuve Ntem, à la frontière de la Guinée équatoriale.

Grâce à ces futures liaisons routières, la zone de Kribi sera plus accessible et mieux connectée, et les temps et coûts de transport au niveau national et régional seront amoindris.

 

Un projet intégrateur

Partant, les femmes et des hommes résidant dans les alentours verront leurs conditions de vie gagner en qualité. Désenclaver ainsi la zone portuaire permettra d’assurer la liaison entre les bassins de production, de transformation et de consommation, facilitant l’acheminement des matières premières et autres marchandises en transit de et vers les pays voisins (Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, République du Congo, Tchad).

 « Ce prêt supplémentaire pour le désenclavement de Kribi, dont la vocation est de devenir le plus important pôle économique du Cameroun et de l’Afrique centrale, renforce l’engagement de la banque en faveur des projets intégrateurs qui ont pour finalité de renforcer la complémentarité régionale des systèmes de production, de développer les infrastructures et de stimuler les échanges intrarégionaux », se réjouit Solomone Koné, directeur général adjoint de la BAD pour la région Afrique centrale.

La zone industrielle du port de Kribi a donc l’ambition d’offrir tous les services utiles à l’implantation et à l’exploitation d’industries modernes dans un complexe industrialo-portuaire. Avant que vienne s’ajouter, en 2040, une ville nouvelle. D’ici là, il faudra répondre à divers besoins, dont la question du raccordement à une énergie électrique stable.

Sur ce point, le marché de raccordement des industries du port de Kribi au réseau interconnecté sud vient de passer à une étape supérieure avec la publication des résultats des entreprises préqualifiés, révèle le site Investir au Cameroun. Qui apprend que le groupement tunisien Studi International-Idea-Studi Cameroun est favori pour la réalisation des études d’avant-projet sommaire, d’avant-projet détaillé de la modélisation tarifaire ainsi que la préparation des dossiers d’appels d’offres pour ce projet. Après le groupement tunisien, le second sur la liste est le Camerounais New Design Builtshine-Tropfen Engeneering. Le troisième candidat retenu est le groupement français IED Consul-CCCG Brainstorm Consulting.

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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