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Hôtellerie

Philippe Colleu : Fondateur de Kama Hotels Africa

Le fondateur de la chaîne Onomo – qu’il a quittée en 2014 – accélère le développement de Kama Hotels Africa. Une niche de marché délaissée par les grands groupes et un concept innovant.

Par Guillaume Weill-Raynal

Je  creuse toujours le même sillon », explique-t-il quand on l’interroge sur son parcours et ses rapports à l’Afrique. Un parcours auquel rien ne prédesti­nait ce Normand d’origine, sinon « l’entrée d’un Malien dans la famille, quand j’avais dix ou onze ans » avec qui le jeune Philippe Colleu entame un dialogue… qu’il pour­suit aujourd’hui, « parce que je n’ai pas tout compris ». En 1989, après un double cursus en sociologie et en management, il débute par l’humanitaire en Mauritanie. L’Afrique, déjà.

De retour en France, il est embauché comme consultant par le groupe hôtelier Accor, dont il gravira les échelons jusqu’à être nommé, en 2002, directeur pour l’Afrique. Il injecte dans les programmes dont il a la charge un peu de culture locale.

Des oeuvres d’art africaines commencent à apparaître dans les halls d’entrée des 5 étoiles du conti­nent. Difficile d’aller plus loin dans un groupe très «normé» à des standards internatio­naux d’autant plus rigides que seule l’hôtel­lerie haut de gamme a alors droit de cité en Afrique. De ce constat naît le groupe Onomo qu’il crée en 2009.

Un concept simple, mais que personne n’imaginait pouvoir lancer en Afrique: une hôtellerie trois étoiles milieu de gamme, qu’il qualifie de « métis », alliant des technologies de construction européennes à des artisans, des designers et des producteurs de produits africains, pour l’ameublement, la décoration et même la cosmétique. Un mélange d’économique, pas de low cost, et de développement durable.

Les matériaux de construction sont le plus possible locaux, notamment la terre cuite qui va devenir l’un des fondamentaux de l’image de marque Onomo. Le tout, pour offrir à une clientèle d’hommes d’affaires africains et étrangers un confort et un standing de qualité à un prix concurrentiel. Le continent connaît alors une émergence des classes moyennes, cibles privilégiées de ce nouveau concept. Ce sont les belles années de l’afro-optimisme. Et c’est le succès : un premier hôtel ouvre à Dakar en 2010, un second à Abidjan en 2011, un troi­sième à Libreville en 2012…

En 2014, et alors que la croissance du groupe se poursuit (aujourd’hui, Onomo compte six hôtels, toujours dans des capi­tales africaines), Philippe Colleu doit passer la main et abandonner la direction du groupe, à la suite de son rachat par des investisseurs étrangers. Un départ sans amertume, qui marque pour lui le début d’une nouvelle aventure.

Toujours creuser le même sillon… Un nouveau concept qu’il définit comme « la suite logique » de la démarche qui est la sienne depuis ses années chez Accor. « Onomo n’a été qu’un passage, je veux aller plus loin », dit-il. Comment ? Vers toujours « plus d’Afrique ».

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