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Hommage

Hommage à l’illustre éditeur tunisien Mohamed Ben Smaïl

Mohamed Ben Smaïl, fondateur en 1964 de la célèbre maison d’édition Cérès Productions, qui a commencé sa carrière dans le journalisme comme rédacteur en chef de Jeune Afrique, nous a quittés le 7 juillet à l’âge de 92 ans. Un hommage lui a été rendu par ses amis et connaissances à Tunis le samedi 6 octobre.

Plusieurs personnalités ont tenu à témoigner et à retracer le parcours de l’illustre disparu. Au nombre desquelles, Moncef Barouni (co-fondateur et ancien président de l’association Djerba mémoire), Sami Ménif (Cérès éditions), Mounir Ben Miled (ancien président de l’Espérance de Tunis), Aziz Zouhir (ancien champion de Tunisie de tennis) et de Afif Ben Yedder (fondateur et rédacteur en chef d’IC Publications).

«Si Mohamed était très doué. Comme on dit, Il est né sous une bonne étoile. Beau, intelligent, il impressionnait tout le monde.

Nous vous proposons l’hommage de Afif Ben Yedder à son ami disparu Mohamed Ben Smaïl intitulé « L’édition, le journalisme et l’amitié. Souvenirs d’un grand ami » :

« Chers amis,

Je vais vous raconter une belle histoire : celle d’une amitié qui a duré un demi-siècle. Avouez que c’est beau ?

J’ai eu la chance et l’immense bonheur avec mon épouse Emena de faire la connaissance de Si Mohamed, de sa femme, l’adorable Josette et de leurs deux jeunes enfants. 

L’hommage de ce soir est l’expression de l’affection que nous avons tous pour cet illustre Tunisien.

Je suis venu spécialement de Londres pour être avec vous.

Je me suis arrêté à Rome.

Une sorte de pèlerinage.

C’est là en effet que j’ai rencontré pour la première fois Si Mohamed.

Il était alors le rédacteur en chef de JA

Il avait déjà une réputation internationale de grand journaliste.

Je lui portais une admiration sans bornes.

J’avais 22 ans. Il en avait 13 de plus. 

Il a été pour moi un maître, un mentor, un grand frère et un ami très cher.

Il aurait pu poursuivre sa vie à l’étranger et faire une brillante carrière dans le journalisme.

Il a décidé de faire sa vie en Tunisie et non à l’étranger.

Si  Mohamed a fait partie de l’élite tunisienne qui a bâti la Tunisie moderne au moment de l’indépendance de notre pays. Absolument tout était à faire.

Il a joué un rôle important dans les secteurs public et privé dans l’édification de la Tunisie. Au tourisme où il a été un précurseur. A la radio nationale où en tant qu’intellectuel inclassable pour ne pas dire électron libre, il a estimé au bout de quelques mois qu’il n’y était pas à sa place.

«Je garde un souvenir toujours vivace de Si Mohamed. C’est un être qui m’est très cher et qui a marqué ma vie comme très peu de personnes l’ont fait. Je suis éternellement reconnaissant à Si Mohamed de s’être pris d’affection pour Emena mon épouse et pour moi-même. Je vous remercie ».

Pour ma part, j’ai toujours considéré Si Mohamed comme un visionnaire dans le sens où il a toute de suite compris l’importance historique de l’ouverture de la Tunisie sur le monde.

Le pays qui venait d’être libéré du colonialisme allait trouver en lui le champion du renouveau culturel et identitaire.

Son pari sur la culture à travers l’édition a donné à une génération de créateurs et créatrices la possibilité de s’exprimer et d’être vus lus et entendus. L’aventure était audacieuse par sa nouveauté d’abord, mais surtout par ce qu’elle se proposait d’achever : faire lire des écrivains tunisiens, africains et arabes en français, en arabe et en anglais

Il a donc pris le pari très risqué de fonder sa maison d’édition Cérès Production qui allait devenir une grande réussite.

Qui aurait pu prédire que le  petit enfant de Djerba allait devenir un monument de l’édition ?

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