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Politique

Histoire : Comment l’Afrique a été assujettie !!!

Les réalisateurs français Daniel Cattier, Juan Gélas, et Fanny Glissant aidés par les producteurs « Arte France » et la « Compagnie des Phares et balises » ont mis sur le marché un documentaire ultra-exceptionnel : « Les routes de l’esclavage » (réédition).

Par JO

Il s’agit d’une énième série sur l’esclavage ! Que nenni. Le documentaire « Les routes de l’esclavage », vient apporter, à la différence de bien d’autres, un vrai point de vue détaillé, historique et contextuel sur ce qui s’est réellement passé entre le 5è et le 19è siècle en Afrique. Cette narration télévisuelle raconte comment l’Occident affamé, bestial et dans une posture impérialiste et un rapport de vassalité avec le monde, a assujetti et asservi pendant 14 siècles soit 1400 ans l’Afrique.

Le 22 août 1791. Saint-Domingue. C’est là sur ce bout de terre que tout se déclenche. De fait, une insurrection nocturne connaîtra son épilogue en 1804 avec la proclamation de l’indépendance d’Haïti, première République noire.

Ce document historique est le fait de 40 historiens, qui au terme de 10 voyages, ont travaillé pendant 5 ans pour donner aux faits historiques toute leur dimension et ceci aussi dans une démarche strictement scientifique, la présence en qualité de conseillère historique de la série de Catherine Coquery-Vidrovitch (professeur émérite à l’université Paris-Diderot) l’atteste.

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Le fruit de leur travail s’appuie sur un postulat : l’esclavage a profondément modifié la structuration psychologico-mentale et physique de l’Afrique et du monde. La série est diffusée sur Arte (depuis le 1er mai) et France Ô (voir programme).        

Et soudain la folie…

L’œuvre historique est séquencée autour de 4 parties rigoureusement chronologiques. La première prend ses racines dans le tristement célèbre 5è siècle. Là les réalisateurs et autres historiens ressortent les faits dans une Afrique, victime expiatoire d’une arabisation et d’une islamisation à marche et pas forcés.

Des documents inédits, des archives, des points de vue d’experts font comprendre les mécanismes qui, à cette époque, ont poussé les Arabes à se déchaîner sur l’Afrique subsaharienne et à soumettre ses peuples. Tout est passé en revue. Le Mali avec la mythique ville de Tombouctou, Bagdad (sur les bords du Tigre en Irak), Nubie (Caire), Tripoli (Libye), les faits et les actes s’imbriquent et démontrent à volonté comment des êtres humains ont pu être traités comme des animaux dans « l’océan » du Sahara.

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Sous la narration du Français d’origine rwandaise, Gaël Kailindi, de la Comédie française, c’est l’effroyable chiffre qui est mis en exergue : Plus de 3 millions et demi d’Africains capturés et transportés à travers le désert.

Les images et autres documents d’archives, la lecture off de témoignage par des célébrités telles Aïssa Maïga, Lucien Jean-Baptiste, Gaël Faye, Alex Descas, Mathieu Amalric, Edouard Montoute… ajoutent une note de réalisme et sublime à ce chef d’œuvre et transportent au 5è siècle entre 476-1375. C’est ce que les historiens ont appelé « l’invasion des barbares ».  

L’abus, la mise en place de la négation

Dans la seconde partie du supplice des Noirs, la ruée vers l’or et le gain pour les retombées financières du coton ont stimulé des pays particulièrement le Portugal à envahir des territoires à la recherche de main d’œuvre abondante et gratuite. Donc entre 1375 et 1620,  Lisbonne se positionne en gladiateur dans la petite île de Sao Tome e Principe, pour maximiser l’exploitation de la canne à sucre en créant des plantations sucrières.

C’est alors l’effet boule de neige. D’autres pays s’engouffrent dans la brèche ouverte par les Portugais. Bientôt débarquent les Espagnols, les Hollandais, les Anglais et les Français… la traite négrière se met en place et va exploser.

La chosification du Noir…

Les barbares arabes sont progressivement et définitivement remplacés pour ces nouveaux venus : de nouveaux barbares. De 1620 à 1789, les négriers apparaissent avec dans leur ventre des millions d’Africains entassés et attachés, déportés…vers notamment les Amériques.

Les puissances impérialistes attirées par l’appât du gain lié à la nouvelle denrée précieuse qu’est devenu le sucre au 17è siècle font feux de tout bois. Le système de la plantation sucrière se répand, avec le soutien des banques (les esclaves sont achetés à crédit) et des compagnies d’assurance anglaises.

Les déportations explosent : Plus de 7,7 millions d’Africains capturés et embarqués à fond de cale pour le pseudo nouveau monde (Amériques et Antilles). En France, Louis XIV ordonne la construction de 500 galions, histoire d’imprimer sa marque dans la participation du commerce triangulaire.

Les Hollandais présentent 16 000 navires…L’Afrique est livrée aux pillages des hordes de barbares sans foi ni loin venues apporter, disent-ils, « la lumière et la civilisation », l’esclave devient marchandise. Et 74% d’entre eux se retrouvent dans les plantations de sucre dans les Caraïbes et les Amériques. Dans la même période, les Noirs sentent le besoin de se rebeller : Le marronnage. Peu connu, car peu raconté par les historiens.   

Le refus de la fatalité : The Fight

Le 22 août 1791. Saint-Domingue. C’est là sur ce bout de terre que tout se déclenche. De fait, une insurrection nocturne connaîtra son épilogue en 1804 avec la proclamation de l’indépendance d’Haïti, première République noire. La contagion gagne le monde.

En Haïti, les maîtres blancs fuient, la Grande-Bretagne interdit la traite négrière. Londres estime même que cette pratique est « rétrograde, indigne d’une nation évoluée », les Etats-Unis suivent au terme de quatre terribles années de guerre civile, entre 1861 et 1865 qui oppose les Etats abolitionnistes du Nord dirigés par Abraham Lincoln et les Etats esclavagistes du Sud dirigés par Jefferson Davis.

C’est ce pan de l’histoire allant du Vè au XIXè siècle qui a façonné la face du monde que « Les routes de l’esclavage » mettent en lumière pour en comprendre les ressorts, la chronologie historique, le conséquence et surtout les causes ; parmi celles-ci d’ailleurs la révolution industrielle en Europe. La recherche effrénée de débouchés des puissances occidentales a poussé l’homme à être un loup pour l’homme.

Documentaire à voir absolument sur « Arte France », France Ô et en DVD. A lire aussi la version livre : Les routes de l’esclavage.

ENCADRE

Diffusion sur France Ô à 20.55 mercredi 2 mai (épisodes 1 et 2) et mercredi 9 mai (épisodes 3 et 4), suivi d’un débat mené par Fabrice d’Almeida, avec : Jean-Marc Ayrault : Président de la mission de la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions et ancien Premier ministre. Myriam Cottias : Historienne, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de l’histoire sociale des Caraïbes. Loïc Céry : Auteur. François Durpaire : Universitaire et historien. Max Mathiasin : Député de la Guadeloupe. Christophe Boisbouvier : Journaliste à Radio France Internationale.


Martinique : 1er et 8 mai à 20.00

Guadeloupe : 2 et 9 mai à 20.05

Polynésie : 2 et 9 mai à 20.55

Saint-Pierre et Miquelon : 2 et 9 mai à 23.00

Mayotte : 3 et 10 mai à 22.30

La Réunion : 6, 13, 20 et 27 mai à 22.00

Guyane : 9 et 16 mai à 21.50

Wallis et Futuna : 10 mai à 21.00 et 17 mai à 20.45

Nouvelle-Calédonie : 17 et 24 mai à 21.10

INFOS PRATIQUES

Auteurs réalisateurs

Daniel Cattier, Juan Gélas, et Fanny Glissant

Productions/ Diffusion

« Arte France » et la « Compagnie des Phares et balises » ; Kwassa Films ; LX Filmes,

RTBF ;  RTP (Radiotélévision portugaise).

Participation

Inrap : Institut national de recherches archéologiques préventives

Organismes détenteurs ou dépositaires

La « Compagnie des Phares et balises » 

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