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Grand entretien

Souad Aden-Osman (CoDA): « L’Afrique de la Zlecaf, c’est l’Afrique qui gagne, qui protège, qui rassure, qui partage… »

La directrice exécutive de la Coalition pour le dialogue sur l’Afrique (CoDA), Souad Aden-Osman, est d’avis – comme de nombreux experts – que le déploiement de la Zone de libre-échange continental (Zlecaf) sera dynamique, rigoureusement efficace et bénéfique aux Africains si le dialogue est constant, permanent et constructif entre les organisations d’affaires, les grands opérateurs économiques…

… « afin de leur faciliter une meilleure compréhension des objectifs, structures, politiques sectorielles et dispositions institutionnelles de la ZLECAf », au-delà , pour elle, avec l’opérationnalisation de la Zlecaf, les Africains pourront bénéficier pleinement des retombées de la création de ce marché unique sur le continent. Entretien.

Entretien avec SD, envoyé spécial à Addis-Abeba

Que pourrait justifier cet investissement si déterminant et si fermement de la Coalition pour le dialogue sur l’Afrique (CoDA) dans la mise en œuvre de la Zlecaf ?

La Coalition pour le dialogue sur l’Afrique (CoDA) est une plateforme de dialogue et de débat, mise en place il y a plus de 10 ans. Son but est de rapprocher les points de vue des parties prenantes sur les grandes questions de développement des pays africains que l’Union africaine (UA) gère. De fait, l’unité africaine n’a de sens que si l’intégration économique est au cœur des préoccupations de l’UA. Et aujourd’hui, c’est le cas.

« L’Afrique de la Zlecaf, c’est l’Afrique qui gagne, qui protège, qui rassure, qui partage et qui se définie comme un seul bloc. Nous y arriverons, car il n’est écrit nulle part, que le bonheur devrait avoir une carte de séjour ou un visa pour être en Afrique. Notre continent est l’avenir… », rassure Souad Aden-Osman, la dirigeante de la CoDA  

En sus, la Zlecaf, à ce jour, est de loin le programme le plus ambitieux de l’intégration régionale que l’UA ait mis en avant avec un volontarisme inégalé impacté par 54 signatures sur 55 pays et 27 ratifications en un an. Manifestement et visiblement ce projet est le plus important qui mérite que l’on accompagne la Commission de l’UA. De plus, ce projet est très bon, car il peut changer de façon significative et profonde la vie des Africains.

Il y a quelques mois, il y a eu un dialogue politique et d’analyses menés avec les chambres de commerces autour de la Zlecaf à Addis-Abeba. Que faut-il retenir ?

L’engagement du secteur privé aux côtés de l’UA est assuré par des forces vives africaines de développement. A présent, il s’agit s’insuffler une dynamique de sorte que chacun comprenne son rôle et joue collectivement le jeu de la mutation développementale. Et il ne faut surtout pas ignorer un facteur stimulant qui est que les opportunités pour le secteur privé en termes d’investissements et d’expansions sont importantes. 

Après ce conclave avec les chambres de commerce, comment entrevoyez-vous la suite ?

La Commission de l’UA est très bien organisée et structurée pour gérer cet important dossier. Le rôle de la CoDA est de l’accompagner pour structurer et favoriser le dialogue entre les parties prenantes étatiques et non-étatiques sous l’égide de l’UA.

Nous pouvons, avec les précautions d’usage, penser que le lit d’une collaboration entre les couches vives économiques du continent est fait ; reste à bien huiler le mécanisme pour qu’enfin le rêve d’une Afrique prospère caressé depuis tant d’années par ses « Pères fondateurs » se transforme en une réalité quantifiable et observable. De toute façon, nous sommes hardiment sur cette voie.    

Très bien. On a le sentiment que tout le monde trouve que la Zlecaf est la panacée aux maux qui minent le continent, est-il raisonnable de le penser ou bien penser ainsi est gravement exagéré ?

Souad Aden-Osman

C’est vrai que nous attendons beaucoup du déploiement de la Zlecaf. L’UA multiplie des trésors d’ingéniosités pour que cette aspiration africaine soit une réalité intégrale et absolue. Il est donc à espérer que les décisions prises actuellement par nos Etats protègeront efficacement le commerce des femmes et inspireront suffisamment l’entrepreneuriat, surtout celui des jeunes.

Et vous conviendrez avec moi qu’en Afrique le besoin de créer des emplois, disons même un nombre colossal d’emploi, est une nécessité plus que d’actualité. Ce sont entre autres, ces raisons qui poussent à un optimisme certes prudent, mais réel.

A ce stade, nous avons acquis la certitude que le Zlecaf ne saurait être autre chose qu’une réussite panafricaine. Il n’est donc pas exagéré de penser que la Zlecaf est aussi une des panacées aux maux qui minent le continent.

Pensez-vous que les pesanteurs notamment les intérêts croisés des occidentaux et autres asiatiques ou arabes, seront des atouts mécaniques d’accompagnement ou des freins à l’éclosion de la Zlecaf ?

Nous ne perdons pas de vue que le but est de booster le commerce intra-africain. Il faut nécessairement que ces intérêts soient des atouts qui accompagnent l’éclosion de la Zlecaf.  Dans le cas contraire, on aura échoué. 

Du goût des experts le processus avance bien et même très bien. Vu du côté de la population, c’est plutôt l’expectative. Avez-vous au niveau de la CoDA un discours apaisant et rassurant ?

L’Afrique est capable de s’organiser. Il faut qu’on s’y mette. Toutes et tous ! De nos efforts jaillira l’espérance. Car, c’est connu, il est permis à un seul être de ne pas se tromper, c’est celui qui n’agit jamais. Nous nous agissons avec l’UA. Et quoi qu’il advienne pour nous « cent fois sur le métier remettez votre ouvrage! ». C’est ce qui nous guide. C’est ce qui justifie notre engagement.

« Nous pouvons, avec les précautions d’usage, penser que le lit d’une collaboration entre les couches vives économiques du continent est fait ; reste à bien huiler le mécanisme pour qu’enfin le rêve d’une Afrique prospère caressé depuis tant d’années par ses « Pères fondateurs » se transforme en une réalité quantifiable et observable. », dixit Souad Aden-Osman

Avec cette année 2020, n’est-il pas temps que l’Afrique revendique elle aussi son droit au bonheur ? Sommes-nous tels des gueux en haillons sans perspectives ? Non cette Afrique n’existe pas/plus.

L’Afrique de la Zlecaf, c’est l’Afrique qui gagne, qui protège, qui rassure, qui partage et qui se définie comme un seul bloc. Nous y arriverons, car il n’est écrit nulle part, que le bonheur devrait avoir une carte de séjour ou un visa pour être en Afrique. Notre continent est l’avenir… 

Souad Aden-Osman

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