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Focus

Le nouveau rôle du Nepad

Les besoins du continent en matière de financement étant très élevés – la Banque africaine de développement estime que le déficit des infrastructures se chiffre à 92 milliards de dollars par an en Afrique –, la mission la plus importante du Nepad sera de faciliter la participation du secteur privé. L’agence devra convaincre les investisseurs que les projets régionaux offrent un rendement intéressant et constituent des investissements sûrs.

« Nous savions déjà comment mettre en oeuvre des projets d’infrastructure nationaux mais pas des projets régionaux car les systèmes de gestion sont différents et la coordination entre les pays est un élément nouveau. La création de partenariats public-privé pour des projets transfrontaliers est radicalement différente. Nous sommes en phase d’apprentissage. Les financements seront à la fois publics et privés. Notre rôle est de conduire les différents acteurs à la signature de contrats de financement. »

Exploiter de nouveaux financements

Disposant de fonds privés limités pour un grand nombre de projets, le Nepad doit accéder à de nouveaux financements. Lors d’un événement qui s’est tenu en parallèle de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, l’Agence a réuni des fonds souverains et des fonds de pension pour tenter de les convaincre d’investir dans des projets africains une plus grande part de leurs actifs sous gestion, estimés à 1 000 milliards $. Le Nepad s’est fixé un objectif modeste de 5 %.

D’autre part, la Chine pourrait également apporter des financements. Sa promesse d’investir 60 milliards $ en Afrique lors du Forum de coopération Chine-Afrique a éveillé l’intérêt de l’Agence de développement. Le rôle du Nepad, en tant qu’agence de l’UA, est d’approcher les Chinois et de décider avec eux des projets dans lesquels investir.

« Nous insistons sur trois aspects. Le premier est d’avoir une vision régionale, et pas seulement nationale ou bilatérale. Le deuxième concerne l’endettement. Il faut bien réfléchir à la manière dont nous utilisons les fonds. Enfin, en troisième point, les pays africains ne veulent pas que leurs relations avec les Chinois se limitent à l’achat de matières premières ; ils exigent un transfert de technologie », détaille Ibrahim Hassane Mayaki.

L’intérêt des Chinois envers le Nepad est l’une des nombreuses questions ouvertes qui pourraient déterminer l’utilité de l’organisme, une fois sous l’autorité de l’UA. Mais, malgré les défis qui se profilent à l’horizon, Mayaki est convaincu que le Nepad peut trouver un second souffle. « Ce ne sera pas une révolution. Je ne crois pas que le Nepad deviendra un organisme très efficace du jour au lendemain. Nous devons nous montrer prudents ; c’est un processus complexe, un processus de construction et il est essentiel de créer une base solide. Nous passons à un mode différent de réalisation des projets », explique-t-il. 

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