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Focus

Le nouveau rôle du Nepad

Le Nepad se transforme, explique son secrétaire exécutif, Ibrahim Hassane Mayaki. Nouvelle agence de développement de l’Union africaine, l’organisme intensifie la recherche de fonds structurants en faveur des infrastructures.

New York, David Thomas

Lancé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki et d’autres personnalités du continent en 2001, le Nepad (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) promettait une nouvelle ère de progrès par le biais d’une agence dynamique libérée des contraintes qui caractérisent les vieilles structures du leadership africain.

Avec des objectifs ambitieux tels que l’éradication de la pauvreté, la mise en oeuvre d’une croissance et d’un développement durables, l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale et l’amélioration rapide du statut des femmes, l’agence avait profité de l’enthousiasme d’une communauté internationale interpellée par les Objectifs de développement du millénaire définis par les Nations unies.

Jusqu’à présent, 80 % des financements provenaient des bailleurs de fonds. Ce taux va changer. L’UA va nous accorder dix fois plus de financements qu’elle ne le faisait. Nous avons désormais davantage d’autonomie pour décider de nos priorités et de nos activités.

« Nous estimons que l’heure est venue pour le continent africain d’agir pour mettre fin au sous-développement, mettre fin à la pauvreté et mettre fin aux guerres », proclamait Thabo Mbeki en 2002.

Aujourd’hui, le Nepad – qui deviendra prochainement l’Agence de développement de l’Union africaine (UA) – tente de se donner un nouveau rôle dans un contexte très différent. À présent que Mbeki et d’autres personnalités importantes se sont retirés de la scène, le secrétaire exécutif Ibrahim Hassane Mayaki, ancien Premier ministre du Niger, doit démontrer l’utilité du Nepad sur un continent où les programmes d’infrastructures de plusieurs milliards de dollars et le secteur privé sont aujourd’hui considérés comme les principaux moteurs du développement.

« L’idée est de disposer d’une agence qui gère les processus de mise en oeuvre des projets liés au développement », indique Ibrahim Hassane Mayaki à New York. « Une fois que nous aurons convenu d’une stratégie commune dans le domaine des infrastructures, avec des projets prioritaires, le rôle de cette Agence devrait être d’encadrer la mise en oeuvre de ces projets. Prenons l’exemple du corridor Lagos- Abidjan : notre rôle est d’aider la Cedeao à créer une entité spécialisée qui gérera le corridor et facilitera son exploitation en apportant une expertise, et d’assurer le lien avec les financeurs, en particulier dans le secteur privé. »

Si ce rôle semble moins important que les objectifs initiaux du Nepad, c’est parce que la mise en oeuvre de projets bancables, axée sur les résultats, a remplacé l’idéalisme de programmes globaux dans le domaine du développement. Ibrahim Hassane Mayaki précise que le rôle du Nepad a évolué au fil du temps pour s’adapter à cette nouvelle réalité.

Il estime en outre que le transfert de l’Agence à l’Union africaine offre une structure de financement idéale pour poursuivre sa nouvelle mission. « Jusqu’à présent, 80 % des financements provenaient des bailleurs de fonds. Ce taux va changer… L’UA va nous accorder dix fois plus de financements qu’elle ne le faisait. Nous devrons rendre des comptes aux États membres et non plus aux bailleurs de fonds. Nous avons désormais davantage d’autonomie pour décider de nos priorités et de nos activités. »

Ibrahim Hassane Mayaki précise que l’une des principales missions de l’organisation, dotée de nouveaux fonds, sera de travailler avec les États membres et les organismes d’intégration régionale du continent afin de développer des projets d’infrastructure transfrontaliers.

En plus de s’intéresser aux pays proposant des projets rentables, le Nepad devra encourager les investissements dans des nations où la planification demeure rudimentaire. « Ces projets doivent être viables ; ils doivent faire l’objet d’études de faisabilité. Mais, à présent, notre mission comporte également une dimension politique – nous utilisons l’argent des États membres et ces États veulent qu’il y ait un équilibre géographique dans la répartition des projets. Nous ne pourrons pas délaisser l’Afrique centrale, par exemple, et choisir l’Afrique de l’Est parce qu’elle propose davantage de projets viables. »

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