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Focus

Afrique-France : Les diasporas africaines en débats

Tous entendent être reconnus comme entrepreneurs légitimes malgré des situations inhabituelles qui peuvent créent la méfiance non seulement chez les banquiers, mais aussi en Afrique.

Mieux mobiliser les expertises

Les « Sans définition fixe », pour reprendre l’expression de Suzanne Bellnoun, souffrent du manque de compréhension qui entoure la localisation et la domiciliation de leurs projets et les exclut des fonds dédiés aux start-up.

Au titre de ses recommandations, elle souligne les difficultés accrues pour les femmes encore, « entrepreneurs atypiques » parmi celles qui le sont déjà, confrontées à des « stéréotypes figés », et le besoin pour tous les candidats à l’aventure africaine de recevoir les codes pour comprendre l’administration et l’environnement des affaires de pays où les changements sont « difficiles à suivre pour ceux qui les ont quittés ».

Un participant dans la salle confirme que le risque est fort de « se faire bizuter » au contact d’un écosystème que les entrepre­neurs de la diaspora ne connaissent pas, bien qu’ils aient les réseaux utiles pour y entrer. Carole Laigneau-Chitsonzo, fondatrice de CVC Project et représentante de la Chambre de commerce du Mozambique, le confirme : la famille et les attaches sont cruciales pour s’implanter dans un environnement de « vide juridique et de fiscalité incertaine ».

Plus prosaïquement enfin, malheur aux entrepreneurs qui méconnaîtraient les réalités locales : Maxime Boadji (Yellow Relay) cite ainsi l’échec de la mise en vente de briques de lait de deux litres par une firme américaine, auprès de ceux, majoritaires, qui ne possèdent pas de réfrigérateur… « il faut dénaturer son business », recommande-t-il donc.

Pour y préparer les entrepre­neurs, la représentante du Quai d’Orsay, Béatrice Lederlé émet des propositions dont l’acclimatation par le dispositif du VIE (Volontariat international en entreprise) et l’application d’une autre proposition du rapport Berville de mobiliser l’expertise de la diaspora par un statut dédié (expert technique de la diaspora), à la condition de dépasser les réticences de pays partenaires « pas forcément enthousiastes ».

Le maître de cérémonie de l’atelier, Claudy Siar, a voulu que les discussions s’émancipent d’une image de l’Afrique « datant de la France de 1900 » et donnent à voir les visages actuels du continent. C’est chose faite, reste à en connaître les suites qui doivent « améliorer l’existant », selon la promesse du coordina­teur du CPA.

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